Hadopi : La “Gestapo” à l’Assemblée Nationale selon Albanel

Hier, les débats autour du projet de loi "Création et Internet" se sont poursuivis sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Hurlements et sifflements ont animé les discussions suite à une comparaison douteuse de Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication.

Nouveau dérapage de Christine Albanel

"La caricature affreuse qui consiste à présenter cette haute autorité composée de magistrats comme une sorte d’antenne de la Gestapo est particulièrement ridicule" explique-t-elle aux députés contre le projet de loi, présents dans l’hémicycle ! Camouflet total à gauche de l’hémicycle ! Hurlements contre le mot de trop, rapporte notre confrère 20minutes.

La Gestapo était la police politique secrète d’Adolf Hitler. Tous les mots comptent, les actes aussi. Dépassée, ne cessant de répéter "ridicule", la Ministre a aussitôt désarmé en déclarant "je retire le mot Gestapo", mais cela n’a pas suffit a calmer les sifflements.

N’oublions pas qu’avant "la gestapo", il y a eu "les 5 gus dans un garage".

Licence globale ?

L’idée d’une licence globale payée par l’ensemble des internautes – l’une des solutions défendues par de multiples associations et collectifs d’internautes (UFC-Que Choisir, La Quadrature,…) pour rémunérer les auteurs – a été écartée (mais pas rejetée). La nuance réside dans la priorité du gouvernement : Avant tout, sanctionner les pirates, tout en tartinant, stigmatisant, réduisant tous les opposants.

Opposants qui ne cessent de rappeller que suspendre l’abonnement des internautes n’est pas la solution. Cela n’apportera aucune rémunération à l’industrie du disque (maison de disque, auteurs etc…). La même industrie ou plutôt, la même propagande marchande qui nous explique, confortablement dans les dorures, que les deniers manquent. Cela même qui nous explique que les internautes seraient la nouvelle arme de destruction massive contre la musique, les films…

Une offre Triple-Play à 29.90euros minimum + "30 ou 40 euros"… Sortez les mouchoirs !

Pour Pascal Nègre, Président d’Universal Music France, si une proposition de licence globale est éventuellement adoptée, il faudra que celle-ci prévoit que tous les internautes financent "une taxe de 30 ou 40 euros par mois", en plus de l’abonnement à Internet ! Le "pouvoir d’achat" du Président de la République, Nicolas Sarkozy, prendrait une énorme gifle.

Sanctions pécuniaires ?

Le rapport officiel émanant de la Fédération Française des Télécoms (sauf Numericable) a été écarté par la Ministre. Selon Christine Albanel, les sanctions pécuniaires créeraient des inégalités entre les internautes qui peuvent payer aisément une ou plusieurs amendes et les autres qui ne le peuvent pas.

Free (non-membre de la FFT) nous a confié très récemment qu’il était "plutôt pour une amende d’un faible montant", en lieu et place de la suppression de l’abonnement Internet. Free nous précisait également que cela équivalait à choisir "entre la peste et le choléra".

Rendez-vous le 31 mars

Liberticide, injuste, incomplet, préhistorique mais datant d’hier (pour une fois, les adjectifs ne sont pas de trop), le projet de loi "Création et Internet" (ou Hadopi) devrait, selon le planning de la Commission des Présidents de l’Assemblée Nationale, se poursuivre le 31 mars prochain. Hadopi, une loi déjà périmée.

(Merci à Bourdon)