Téléphonie mobile : l’explosion des brouillages, la nouvelle menace invisible

Téléphonie mobile : l’explosion des brouillages, la nouvelle menace invisible

L’ANFR et la gendarmerie notent une forte hausse de l’utilisation de brouilleurs servant à perturber les signaux radio, GPS, 2G, 3G ou 4G.

Petits appareils, mais grosses perturbations potentielles. Pour environ une centaine d’euros, une personne mal-intentionnée peut acquérir illégalement un brouilleur de milieu de gamme et parasiter tout types de signaux, y compris ceux des réseaux mobiles.

Le principe est simple : la création des interférences sur une bande de fréquence pour gêner voire empêcher son utilisation. L’ANFR y voit une menace bien réelle et sa directrice adjointe du contrôle du spectre affirme a BFMTV que “les menaces que les brouillages, offensifs ou non intentionnels, font peser sur tous les secteurs de l’économie et de l’Etat n’ont rien à envier aux menaces liées aux attaques informatiques.”

D’après le chef adjoint du service Aix-Marseille de l’Agence Nationale des Fréquences, ce type de brouillage a augmenté de façon “exponentielle” durant le premier trimestre et une centaine d’interventions, avec la gendarmerie ont ainsi été dénombrées dans un champ d’action allant des Pyrénées-Orientales aux Alpes du Sud. A l’échelle nationale, l’ANFR traite environ 1500 cas par an.

“Il s’agit majoritairement de brouillages concernant des réseaux de téléphonie mobile (3G/4G). Sur les 1500 cas de brouillages, près de 1100 cas sont des brouillages des réseaux de téléphonie mobile. Les autres types de brouillages concernent essentiellement la réception de la TNT, des réseaux de sécurité (aviation civile, Météo, réseau rail GSM-R, réseau de la Défense…) ou encore des réseaux professionnels“, explique l’agence. Ses équipes sont “extrêmement sollicitées”, avec 663 signalements de brouillages en cours d’instruction sur l’ensemble du territoire.

Trois types de brouillages

Ces attaques prennent généralement trois formes, d’après la gendarmerie, sollicitée par nos confrères. Tout d’abord, les brouillages involontaires, provenant de problèmes d’équipements utilisant des ondes. Récemment, l’ANFR relatait le cas d’un casque s’étant mis à dysfonctionner et impactant la 4G sur une dizaine de kilomètres à la ronde.

Ces cas de brouillages involontaires, sans intention de nuire, ont connu une franche augmentation. Le nombre de cas traités par an est passé d’une centaine en moyenne à 230 sur la seule année 2020“, explique l’ANFR.

Viennent ensuite les brouillages visant à couvrir des activités illicites. Parasiter les communications pour transporter des stupéfiants, ou neutraliser un système d’alarmes sans fil lors d’un cambriolage… Des actions illégales et répréhensibles, mais qui ne visent pas à proprement parler les réseaux eux mêmes.

Puis enfin, l’utilisation des brouilleurs dans un cadre “offensifs”, pour “nuire au système”. D’après la source de la gendarmerie relayée par BFM TV, ces attaques proviennent parfois de militants anti-4G ou 5G. Cependant, d’après l’ANFR, ces cas intentionnels sont “minimes”, l’agence affirme en traiter “environ une vingtaine par an“.

La perturbation d’un service autorisé en utilisant un équipement dans des conditions non conformes est passible de 6 mois d’emprisonnement de 30 000 euros d’amende. Tous les brouilleurs, du plus simple au plus complexe sont interdits en France, mais peuvent facilement être commandés sur des plateformes de commerce en ligne. En cas de brouillage, les voitures équipées de capteurs de l’ANFR peuvent les détecter, mais la seule protection contre ces brouillages reste une cage de Faraday… qui bloque les signaux. “Plus on avance, plus nos technologies sont résistantes au bruit (électromagnétique), mais à des niveaux qui permettent encore des brouillages assez simples“, explique un expert des réseaux télécoms.