Après les soupçons de Free, les patrons de TF1, France Télévisions et M6 quittent la gouvernance de Salto

Après les soupçons de Free, les patrons de TF1, France Télévisions et M6 quittent la gouvernance de Salto

Un passage éclair. Delphine Ernotte, Gilles Pélisson et Nicolas de Tavernost passent la main à la tête de Salto. 

Seulement 5 mois après son lancement, Salto change de gouvernance. Les patrons de France Télévisions, TF1 et M6 à savoir Delphine Ernotte, Gilles Pélisson et Nicolas de Tavernost ont démissionné du conseil de la plateforme de streaming créée par les trois groupes , révèle Le Figaro. Pour les remplacer, ont été choisis Didier Casas, actuel secrétaire général de la filiale de Bouygues, Henri de Fontaines, directeur de la stratégie et du développement du groupe M6 et Francis Donnat, secrétaire général de France Télévisions.

Ce départ fait notamment suite à une kyrielle de contraintes imposées par l’Autorité de la concurrence et au recours début 2020 de Free devant le Conseil d’Etat afin de contester le feu vert donné à Salto pour son lancement. L’opérateur soupçonnait une entente en devenir entre les trois géants de l’audiovisuel français. De quoi pousser à première vue selon Frenchweb les trois patrons à passer le relais.

Après avoir envoyé  un courrier à l’autorité de la Concurrence en juillet 2019 dans lequel il estimait que l’émergence de Salto pouvait créer des problèmes concernant la diffusion des chaînes sur les box, l’opérateur de Xavier Niel a décidé d’introduire une requête devant le Conseil d’Etat 6 mois plus tard. Sa crainte était notamment basée sur le fait que les chaînes gratuites de la TNT pouvaient demander à être diffusées uniquement sur Salto, ou même réclamer des sommes astronomiques pour être distribuées chez les autres opérateurs. Le fait est que, selon Free, M6, TF1 et France Télévisions représentent “80% de l’audience” française aujourd’hui, l’opérateur redoutait ainsi que les trois acteurs à l’origine de la création du service de streaming, favorisent Salto lorsqu’ils fixeront les prix de vente de leurs chaînes.

Reste que les contraintes imposées par l’Autorité de la concurrence à la plateforme sont nombreuses. Les trois groupes se sont engagés à limiter leurs possibilités d’achats de droits de diffusion linéaires et non-linéaires couplés. La distribution de chaînes de la TNT en clair et de leurs services et fonctionnalités associés en exclusivité sur Salto n’est pas possible, ou seulement en cas d’exclusivités temporaires. Côté publicité devront, une limitation est imposée aux possibilités de promotion croisée entre les chaînes des groupes et la plateforme. Salto doit payer ses espaces publicitaires au même prix que les autres. Pas de pub gratuite ni pour le service Salto, ni sur les chaînes.