La nouvelle présidente de l’Arcep dévoile son carnet de route

La nouvelle présidente de l’Arcep dévoile son carnet de route

Ayant récemment pris les rênes de l’Arcep, Laure de La Raudière donne sa vision sur les dossiers dont elle a désormais la charge. Elle rappelle qu’elle combine deux atouts pour mener à bien sa mission, celui de l’expertise dans les télécoms et celui d’être une personne de terrain.

Une expertise et un tempérament. Au-delà de ses compétences dans les télécoms que lui a notamment amené son passage chez l’opérateur historique, Laure de La Raudière rappelle, lors d’une interview accordée au journal Le Monde, qu’elle a également l’expérience de ses années sur le terrain. “J’ai la fibre du terrain”, souligne celle qui était il y a peu députée de la 3e circonscription d’Eure-et-Loire. Une combinaison indispensable à ses yeux pour s’occuper des dossiers confiés à l’Arcep, dont elle a récemment pris la présidence. La nouvelle gendarme des télécoms donne d’ailleurs les grandes lignes de son mandat (de 6 ans).

La fibre

“Depuis 2008, j’ai rendu trois ou quatre rapports sur la couverture numérique des territoires, et j’ai toujours dit la même chose : il faut la fibre partout, pour tous. Je ne dis pas qu’on peut le faire, là tout de suite, mais il faut construire le chemin pour atteindre cet objectif”, rappelle notamment Laure de La Raudière. Toujours en parlant de la fibre, Laure de La Raudière s’intéresse au marché professionnel, “pas assez concurrentiel aujourd’hui”, selon elle. Cela se traduit par des prix “trop élevés” et des entreprises “trop peu fibrées”. Tout le contraire du marché grand public où l’on a “des prix satisfaisants pour les consommateurs, parmi les plus bas d’Europe”.

La 4G et la 5G

Laure de La Raudière a également dans l’idée le lancement d’une étude pour déterminer “si le New Deal est suffisant pour amener une 4G de qualité pour tous”. Toujours à propos du mobile, elle souhaite un affinement des cartes de couverture de l’Arcep “pour qu’on puisse y voir clair sur la couverture telle qu’elle est perçue sur le terrain”. Tout en admettant que c’est à la fois “essentiel et compliqué”.

Concernant la 5G récemment lancée commercialement en France par les quatre grands opérateurs, la patronne de l’Arcep défendra ardemment la nouvelle technologie. “Les deux sont nécessaires”, souligne-t-elle, en faisant référence à la 4G que certains citoyens aimeraient avoir avant de voir débarquer la 5G. Laure de La Raudière fait d’ailleurs remarquer le climat moins hostile qu’il ne l’a été par un moment. “D’après ce que je lis, il y a plusieurs villes qui commencent à retirer leur moratoire de déploiement de la 5G”, fait-elle en effet remarquer.

L’écologie

Autre volet de son programme : l’empreinte environnementale des télécoms, avec la mutualisation des réseaux dans les zones faiblement peuplées et l’extinction du réseau cuivre là où la fibre est déployée. Pour la mutualisation, on se souviendra notamment que ça n’est pas gagné en Orange et Free, au moins en ce qui concerne la 5G. Les deux opérateurs ne partagent pas non plus la même vision autour de l’extinction du cuivre.

Source : Le Monde