Free Mobile : une “antenne géante” sème la zizanie entre le maire et les riverains

Free Mobile : une “antenne géante” sème la zizanie entre le maire et les riverains

Une antenne Free ne met pas tout le monde d’accord, avec d’un côté les riverains inquiétés par la taille de l’installation et de l’autre le maire qui explique ses choix.

Rendez-vous à Plouézec, une commune des Côtes-d’Armor, en région Bretagne, où Free compte installer sa première antenne-relais. Devant prendre place sur un terrain communal face au lotissement de Lost Pic, elle se traduira par un pylône de 33,65 mètres de haut et servira pour la couverture 3G/4G de l’opérateur. 

Cette taille exaspère d’ailleurs plusieurs dizaines de riverains. Ils parlent d’une “antenne géante” visible à kilomètre à la ronde par plus de 1 000 personnes. Le lieu choisi aussi : “on est sur un site inscrit, dans une commune littorale et touristique, au cœur d’une zone d’habitation”, souligne-t-on côté opposants. Ils s’étonnent en outre de l’avis favorable de l’architecte des Bâtiments de France, “habituellement si prompt à refuser les dossiers pour des détails comme la position d’une fenêtre ou l’orientation des lames d’un parement de façade”. Une comparaison est même soulignée : “le cahier des charges pour les habitants était très sévère, les clôtures par exemple ne pouvaient dépasser 1,50 mètre, et là on parle d’un pylône de 33,65 mètres de hauteur”.

La communication fait également partie des griefs. “L’information n’est pas défaillante, elle est dissimulatrice”, estiment les riverains, faisant référence à un panneau d’informations trop discret à leurs yeux. Et d’ajouter : “Il n’y a pas eu de débat au conseil municipal, aucune communication sur le site internet de la ville ni dans le journal communal”.

Un recours devant la justice administrative est d’ores et déjà envisagé. “L’objectif est de faire annuler le permis de cette antenne et de nous battre pour préserver la région d’un point de vue touristique”, affirment les opposants.

Le maire défend le projet

Tout en rappelant les engagements des opérateurs en matière de couverture du territoire pour résorber les zones blanches et zones grises, le maire Jacques Mangold apporte des éléments de réponse aux riverains.

Concernant l’emplacement, il souligne que “les châteaux d’eau sont désormais considérés comme des sites sensibles face à la menace terroriste” et que “l’État recommande désormais de ne plus les utiliser”. Le choix d’un terrain communal, plutôt que de laisser un terrain privé entrer dans l’équation permet de garder “la maîtrise du projet”. L’élu indique par ailleurs que le pylône se trouvera en lisière de bois et se “ne sera pas un treillage, mais un fût de couleur verte ou marron, afin de fondre le plus possible dans le milieu”. Et d’ajouter : “en termes de paysage, on peut se poser la question de savoir si c’est mieux au beau milieu d’un champ”

À propos des ondes, il donne les résultats suite aux mesures de l’ANFR : “La réponse, arrivée en novembre, conclut que les ondes des services de l’Armée, de la gendarmerie ou des pompiers sont les plus nombreuses. Selon l’ANFR, l’antenne ne modifiera pas la puissance des fréquences. Je ne suis pas médecin ni spécialiste des ondes, je me fie à leurs conclusions”.

Au sujet du manque de communication, le maire rappelle la disponibilité de la déclaration d’information disponible en mairie. Et d’y aller d’une longue interrogation : “Qui sont les interlocuteurs possibles à informer ? La dizaine de maisons les concernées ? Où s’arrête la notion d’impact ? Je comprends que quand un pylône fait irruption dans le paysage, vous n’êtes pas satisfait. Mais les éoliennes en mer vont aussi changer le paysage. Les antennes qui existent sur le château d’eau n’empêchent pas les maisons de se vendre très bien. La crainte existe, mais elle ne se justifie pas avec le temps”.

Des réunions d’information organisées en petit comité

Pragmatique face à la grogne, Jacques Mangold a tout de même prévu des réunions publiques en petit comité pour répondre aux exigences de la situation sanitaires. Elles se dérouleront la semaine prochaine par groupe de 6 personnes.

Source : La Presse d’Armor (version papier)