5G : Orange et SFR assignés en justice pour pratiques commerciales trompeuses

5G : Orange et SFR assignés en justice pour pratiques commerciales trompeuses

Oui à la 5G, mais non à tout le ramdam marketing autour de la nouvelle technologie tant que les réseaux ne sont pas vraiment prêts. Une association de défense des consommateurs a ainsi décidé de poursuivre Orange et SFR pour pratiques commerciales trompeuses.

À l’heure où la 5G fait ses débuts commerciaux en France et où la communication bat sans surprise son plein pour la vendre aux consommateurs, l’association Consommation, Logement et Cadre de Vie tire la sonnette d’alarme. Selon son délégué général François Carlier, “les Français vont souscrire ces forfaits pour Noël sans avoir accès au nouveau service promis avant longtemps”. À ses yeux, “il est urgent d’attendre avant d’aller vers la 5G”.

Mais l’association tire aussi à boulets rouges en direction des telcos. Celle-ci a en effet décidé de poursuivre Orange et SFR au motif de “pratiques commerciales trompeuses”. Elle reproche aux opérateurs d’avoir “sciemment omis, dans les publicités relatives aux forfaits 4G compatibles 5G, de présenter dans des conditions satisfaisantes les restrictions d’usage apportées, telles que l’éligibilité ou les débits réellement disponibles”.

Payer, mais pour quoi au final ?

L’association CLCV dénonce ainsi le surcoût appliqué par certains opérateurs pour profiter de forfaits “4G compatibles 5G” et le fait que les utilisateurs soient invités par la même occasion à changer de smartphone. Le consommateur se retrouve à payer, mais sans la certitude de bénéficier de la 5G dans la vraie vie. “La commercialisation des forfaits 5G a débuté en octobre alors même que le déploiement du réseau ne s’achèvera qu’en 2030. C’est peu dire que les consommateurs n’y auront pas accès tout de suite”, souligne Olivier Gayraud, chargé de mission nouvelles technologies à la CLCV. “Non seulement ces forfaits bondissent de 25 %, mais ils sont souvent accompagnés d’un engagement sur douze mois : le consommateur, s’il veut changer d’avis, devra acquitter de lourdes pénalités”, poursuit-il.

“Au-delà de cette promesse marketing nationale, le consommateur lambda ne sait pas, la plupart du temps, si le réseau 5G est effectivement disponible là où il habite”, dénonce Olivier Gayraud, pointant du doigt une information pas toujours claire pendant qu’une communication martèle l’arrivée de la 5G. Sans compter le manque de transparence autour des débits sur le terrain. “Aucun ne donne ceux constatés dans la vraie vie, puisque tous affichent un débit théorique maximal”, s’agace Olivier Gayraud, ajoutant qu’il s’agit du débit “lorsque l’on est seul à côté d’une antenne-relais, ce qui n’arrive jamais”.

Dans ce contexte, pas question de permettre un matraquage publicitaire en roue libre, surtout pour une technologie qui “ne correspond pas à un besoin pressant”, estime François Carlier. Et de citer un sondage réalisé par l’association auprès de quelque 1 000 personnes montrant que 73 % étaient “satisfaites” de leur couverture en 4G.

Source : le Parisien (version papier, 23 décembre)