Fibre : Free révèle pourquoi ça coince avec certains RIP, l’opérateur voit une issue positive avec SFR

Fibre : Free révèle pourquoi ça coince avec certains RIP, l’opérateur voit une issue positive avec SFR

Dans sa stratégie de lancer ses offres fibre sur tous les RIP, Free doit parfois mener des négociations intenses pour arrivée à ses fins. De quoi faire jaser plusieurs collectivités dénonçant une forme de chantage. Dans le même temps, l’opérateur de Xavier Niel juge les conditions d’accès aux réseaux fibre de SFR inacceptables mais se montre confiant quant à un dénouement prochain.

Envoyer un signal fort aux autres réseaux d’initiative publique avec qui il n’a pas encore signé. Le 17 décembre dernier Free a annoncé un protocole d’accord et le lancement de ses offres fibre lors du second trimestre 2021 sur le RIP Mégalis Bretagne, l’un des plus grands de France avec 1,4 million de prises à terme. “C’est un message important vis-à-vis du grand public mais aussi des autres réseaux d’initiative publique puisque nous entrons dans une relation de confiance et de longue durée”, a confié Maxime Lombardini, vice-président de la maison-mère de Free à Degrouptest. En effet, à travers cet accord de co-investissement, Mégalis Bretagne et Free prévoient d’assurer “la qualité du réseau pendant les quarante prochaines années”. 

Free veut signer des contrats de co-investissement sur 40 ans, mais cela ne plaît pas à tout le monde

Les négociations sur cette durée rallongée ont pris du temps avant d’aboutir, concède par ailleurs l’opérateur. Maxime Lombardini l’explique, “les fins de négociation sont un peu difficiles” avec les collectivités “qui ne veulent pas de durée de droits qui vont au-delà de 20 ans” et qui se montrent “quelque peu hostiles au co-investissement”.

C’est notamment le cas d’un département en Occitanie. En janvier dernier, le ton est d’ailleurs monté lors de l’atelier des « territoires connectés » organisé par l’Arcep, la présidente du Conseil Départemental de l’Ariège adhérent de l’Avicca a dénoncé « une forme de complaisance du régulateur avec les opérateurs » au sujet des tarifs qui leur sont proposés pour venir sur les réseaux en fibre optique portés par les collectivités. Selon elle, des opérateurs pousseraient à changer les règles du jeu, fragilisant ainsi les équilibres financiers. Par exemple, au lieu de verser leur part sur 20 ans, ils voudraient payer le même tarif sur 40 voire 60 ans.

A “ce modèle de court terme, de location qui leur donne l’impression de maîtriser la chose”, Free répond préférer quant à lui le co-investissement.

Le conflit avec SFR devrait se régler 

Désireux de lancer ses offres fibre sur tous les réseaux d’initiative publique même à faible part de marché, Free estime faire face aujourd’hui à plusieurs points de blocage et l’a fait savoir le mois dernier lors d’une audition devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale. Le vice-président d’Iliad s’est alors plaint de “difficultés contractuelles pour aboutir” en visant notamment SFR. L’opérateur a d’ailleurs saisi l’Arcep sur les conditions d’accès aux RIP de la filiale d’Altice, qu’il juge “inacceptables”.

Les zones AMII de l’opérateur au carré rouge avec qui Free a signé un accord de co-investissement en mars 2019, posent aussi problème. “Soit SFR nous propose un contrat conforme à celui issu du règlement de différend avec Bouygues, soit nous saisissons à notre tour l’Arcep sur la même question, et il n’y aura aucune incertitude sur le résultat“, prévient Maxime Lombardini dans les lignes de nos confrères.

Le 1er février dernier, SFR a revu à la hausse ses tarifs de gros facturés aux opérateurs pour se raccorder à son réseau fibre en zone moyennement dense. Après avoir saisi la police des télécoms, Bouygues Telecom a obtenu gain de cause. Place désormais à un retour aux anciens tarifs.

Pour sa part, l’opérateur de Xavier Niel se montre aujourd’hui confiant, “tout cela finira par se régler, il ne peut pas en être autrement.” Et cela pour deux raisons, de l’argent public circule dans les RIP pendant que dans les zones AMII d’Orange et SFR, les deux opérateurs sont ” des monopoles locaux”, ils ne peuvent pas “devenir des rentes, où les prix sont augmentés de façon unilatérale”.