L’UFC-Que Choisir met en demeure Orange, Free, Bouygues et SFR pour leurs cartes de couverture 5G “confuses” et “faussement transparentes”

L’UFC-Que Choisir met en demeure Orange, Free, Bouygues et SFR pour leurs cartes de couverture 5G “confuses” et “faussement transparentes”

Tous les opérateurs proposent désormais une carte de couverture 5G, plus ou moins précise. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir reproche cependant un manque de transparence aux telcos et les met tous en demeure.

Plus de transparence, moins de confusion. Après le lancement du réseau 5G de Free Mobile hier, les quatre grands opérateurs proposent désormais leur propre carte de couverture. UFC-Que Choisir les a analysé et s’indigne face au manque de transparence des telcos, notamment au sujet des débits proposés selon les fréquences utilisées.

Chez Free, la 5G “au rabais” fait bondir l’association

L’utilisation de la bande-fréquences 700 MHz pour la 5G par l’opérateur de Xavier Niel est vivement critiquée. 96% de sites actifs de Free utilisent en effet cette bande-fréquences déjà allouée à la 4G pour proposer une couverture étendue. Or, d’après l’UFC-Que Choisir, la 700 MHz “offre les débits 5G les plus faibles et équivalents à ceux jusqu’alors fournis en 4G. Pourtant l’opérateur […] ne précise pas cet élément essentiel, en ayant un propos généralisant sur la 5G selon lequel elle offre des débits « ultra rapides »”. L’association attaque également l’angle utilisé par Free, présentant certains atouts de la fréquence incriminée (comme son taux de propagation) au lieu des débits permis. Ces informations sont jugées “nettement moins pertinentes pour les consommateurs“.

Quant à sa carte de couverture l’opérateur est épinglé sur un défaut qu’il partage avec plusieurs concurrents. En effet, UFC-Que Choisir déplore “l’absence d’information sur la qualité associée à chaque fréquence“. Ce manque de transparence empêche le consommateur “de comprendre que dans une zone couverte uniquement en 700 MHz, la souscription d’un abonnement chez Free Mobile pourrait n’offrir aucune plus-value en termes de débits“. Mais ce défaut n’est pas propre à l’opérateur de Xavier Niel. 

Le “bazar” de SFR critiqué, avec ses 4 types de couverture 5G disponibles

SFR voit la vie en rose, ou c’est en tout cas l’impression donnée par sa carte de couverture 5G. Et les couleurs utilisées peuvent porter à confusion d’après UFC-Que Choisir.

De même, les zones marquées comme “couverture 5G” ne font pas l’objet d’une différenciation en terme de fréquences utilisées. Comme ses trois concurrents, l’opérateur au carré rouge est également épinglé concernant le manque d’information quant aux débits atteignables sur chacune des bandes.

Bouygues Telecom joue sur les mots et manque de transparence

Appliquer les recommandations de l’Arcep pour en détourner les codes, c’est l’option qu’a choisi l’opérateur de Martin Bouygues d’après UFC-Que Choisir. Si la carte présente bien la différence entre les zones couvertes en 3,5 GHz et en 2100 MHz, la légende est pour le moins imprécise. “Bouygues Telecom adopte une pratique visant à laisser croire qu’il existe une équivalence de qualité entre les deux fréquences, en leur attribuant le même qualificatif de « Bandes hautes » “. Et encore une fois, l’absence d’indication précise sur le débit est critiquée. Fini le rêve bleu, place à la transparence exige l’association de consommateur.

Orange pêche sur ses débits maximums, en plus de sa carte de couverture

L’opérateur historique a revu hier sa carte de couverture 5G, après avoir activé son réseau dans 150 communes. Outre le problème commun à tous les opérateurs concernant l’affichage des débits selon la fréquence utilisée, UFC-Que Choisir demande également une clarification sur un point.

En se référant notamment à des travaux techniques publiés dans le cadre d’une réunion organisée par l’ARCEP, nous pouvons déduire que sur cette bande de fréquences 3,5 GHz le débit théorique maximal dont peut se targuer l’opérateur n’est en que réalité que de 1,6 Gbit/s “explique l’association. Ce débit serait atteint via l’agrégation de deux bandes fréquences 5G, et donc “fictif dans les zones exclusivement couvertes par du 3,5 GHz“.

L’Arcep veille au grain à ce sujet. Elle a notamment appelé les opérateurs à publier des cartes avec un titre, une légende, et une certaine transparence en matière de méthodologie. Les telcos doivent ainsi indiquer “comme couvertes uniquement les zones où une partie du débit est effectivement portée par la 5G”. Le gendarme des télécoms exige également des précisions quant aux débits disponibles et une bonne différentiation entre les bandes-fréquences. Les acteurs réalisant les mesures de débit devront également mettre la main à la pâte pour une meilleure information des consommateurs.