Free imagine un réseau 5G capable d’accélérer ChatGPT et consorts
Un nouveau brevet européen publié au nom d’Iliad décrit une architecture qui permettrait au réseau 5G de mémoriser temporairement une partie du travail déjà effectué par les modèles d’intelligence artificielle afin d’accélérer les réponses et de réduire les ressources nécessaires.
Après avoir dévoilé au printemps deux brevets consacrés à l’intégration de l’intelligence artificielle dans le cœur de son réseau 5G, Iliad poursuit ses recherches. Une nouvelle demande de brevet européen, publiée le 15 juillet 2026 à l’INPI, présente cette fois une architecture destinée à optimiser le fonctionnement des grands modèles de langage (LLM) comme ChatGPT ou d’autres assistants conversationnels.
Lorsqu’un modèle de langage répond à une question, il conserve temporairement une partie de ses calculs dans ce que les spécialistes appellent un cache clé-valeur. Ce mécanisme lui évite de repartir de zéro lorsqu’il poursuit une conversation. Mais aujourd’hui, ces caches sont généralement stockés sur les serveurs qui exécutent les modèles d’IA et disparaissent rapidement. Iliad estime que cette organisation présente plusieurs limites : elle augmente la consommation de ressources, rallonge les temps de réponse lorsque de nombreuses requêtes similaires arrivent simultanément et sollicite davantage les serveurs hébergeant les modèles. Le brevet propose donc une autre approche.
Le réseau 5G servirait aussi de mémoire temporaire
L’idée consiste à utiliser les ressources de calcul déjà présentes au niveau des stations de base 5G (gNB) pour conserver ces caches à proximité des utilisateurs. Un orchestrateur répartirait ces informations entre différentes antennes, déciderait combien de temps les conserver et les supprimerait automatiquement lorsqu’elles ne sont plus utiles. En pratique, si plusieurs utilisateurs envoient des requêtes proches ou appartiennent au même environnement d’usage, une partie des calculs pourrait être réutilisée au lieu d’être intégralement recalculée. L’objectif est d’obtenir des réponses plus rapides tout en limitant la charge des serveurs d’IA.
Le brevet va même plus loin en imaginant que le réseau adapte en permanence la durée de conservation de ces caches selon différents critères : la charge des antennes, la mémoire disponible, la bande passante, la latence ou encore la fréquence d’utilisation des applications d’IA. Les caches les plus utiles pourraient être conservés plus longtemps tandis que les autres seraient supprimés automatiquement pour libérer des ressources. Comme pour les précédentes demandes de brevet publiées cette année, rien n’indique que cette technologie sera intégrée prochainement au réseau de Free. Il s’agit avant tout d’un axe de recherche qui montre qu’Iliad explore de nouvelles façons de rapprocher les traitements d’intelligence artificielle de son infrastructure télécom.