Entre faux supports techniques, conseillers bancaires fictifs et numéros usurpés, le téléphone est devenu l’outil privilégié des cybercriminels, avec une hausse spectaculaire des signalements en 2025.
Les escroqueries en ligne continuent de progresser en France, mais leur visage évolue. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, les arnaques ont augmenté de 20 % en 2025. Plus inquiétant encore, une tendance se confirme : les cybercriminels délaissent progressivement les e-mails pour privilégier un outil bien plus direct… le téléphone.
Le phénomène le plus marquant reste l’usurpation de numéro, aussi appelée « spoofing ». Les demandes d’assistance liées à cette pratique ont bondi de +517 % en un an. Concrètement, les escrocs affichent un numéro qui ne leur appartient pas pour appeler ou envoyer des SMS frauduleux. Résultat : des particuliers découvrent avec stupeur qu’ils auraient soi-disant contacté des inconnus… ou reçoivent des messages de réponse à des SMS qu’ils n’ont jamais envoyés.
Cette situation peut rapidement devenir invivable. Les victimes se retrouvent parfois submergées d’appels ou de messages, parfois agressifs, pendant plusieurs jours. Et surtout, il n’existe aujourd’hui aucune solution réellement efficace pour y mettre fin.
Pour tenter d’endiguer le phénomène, la loi Naegelen a renforcé l’authentification des numéros. Depuis le 1er janvier 2026, les opérateurs doivent également masquer les appels provenant de l’étranger utilisant un numéro français non authentifié. Mais dans les faits, les cybercriminels ont déjà trouvé des moyens de contourner ces dispositifs. Les appels frauduleux en roaming se multiplient, rendant la tâche des opérateurs particulièrement complexe.
Face à cette situation, Arcep a lancé une enquête pour mieux comprendre l’origine de ces appels et vérifier si les obligations sont correctement respectées. Autre menace en forte progression : les escroqueries au faux support technique (+170 %). Le scénario est désormais bien connu. Après avoir cliqué sur une publicité piégée ou un lien frauduleux, une page alarmante s’affiche : l’ordinateur serait « bloqué » pour des raisons de sécurité. Un numéro de téléphone est alors proposé pour contacter une prétendue assistance, souvent présentée comme Microsoft ou Apple.
Une fois au téléphone, un faux technicien prend la main à distance sur l’appareil et facture des services fictifs, parfois à plusieurs reprises. Dans certains cas, les victimes peuvent payer plusieurs centaines d’euros sans jamais résoudre le moindre problème.
Les arnaques aux faux conseillers bancaires continuent elles aussi de progresser (+159 %). Ici, les escrocs combinent plusieurs techniques. Ils commencent par récupérer des informations via phishing (mail ou SMS), puis contactent directement la victime par téléphone en se faisant passer pour sa banque. Pour renforcer leur crédibilité, ils peuvent même mentionner une fraude récente… qu’ils ont eux-mêmes orchestrée.
Certaines pratiques vont encore plus loin. Les escrocs utilisent des applications comme WhatsApp pour afficher le logo d’une banque, ou demandent à la victime d’activer le partage d’écran afin de « sécuriser » son compte. En réalité, ils observent en direct les opérations bancaires. Le phénomène s’étend également aux plateformes crypto comme Binance, Ledger ou Coinhouse.
Une variante particulièrement efficace consiste à pousser la victime à initier le contact. C’est le cas des faux numéros d’opposition bancaire. Un SMS alarmant annonce un débit suspect et invite à appeler un numéro. Persuadée d’agir rapidement pour protéger ses finances, la victime contacte directement… l’escroc. Cette inversion du rapport de force rend l’arnaque encore plus difficile à détecter.
Les escroqueries ne se limitent plus au digital. Dans certains cas, des « faux coursiers » se déplacent même au domicile des victimes pour récupérer cartes bancaires ou documents sensibles. Pour Cybermalveillance.gouv.fr, cette évolution illustre une tendance de fond : la frontière entre monde numérique et réel s’efface progressivement dans les stratégies des cybercriminels.
Face à ces pratiques, les recommandations restent simples mais essentielles : aucun conseiller bancaire ne demandera jamais d’informations sensibles par téléphone, ni ne demandera d’effectuer des opérations en urgence. Dans un contexte où les techniques deviennent toujours plus sophistiquées, le téléphone s’impose désormais comme l’un des vecteurs d’arnaque les plus redoutables. Et pour les utilisateurs, la méfiance n’a jamais été aussi nécessaire.
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