Vente de M6 : malgré les obstacles, la maison mère de BFM TV surveille et s’active en coulisse

Vente de M6 : malgré les obstacles, la maison mère de BFM TV surveille et s’active en coulisse

Entre flou juridique sur les seuils de concentration et blocage des réformes audiovisuelles, le dossier M6 continue d’attirer des convoitises. CMA CGM et TF1 sont en embuscades.

Le dossier d’une éventuelle vente de M6, pourtant jugée irréaliste à court terme, met en lumière un flou réglementaire persistant dans l’audiovisuel français. Selon Les Echos, CMA CGM, détenant BFM et RMC, a adressé en janvier un document à la ministre de la Culture, Rachida Dati, afin d’obtenir des clarifications sur les règles de concentration qui s’imposeraient à un futur acquéreur de la chaîne.

Si les échanges entre l’État et les acteurs du secteur sont habituels, la démarche directe du groupe de Rodolphe Saadé apparaît plus singulière. Elle s’expliquerait par l’absence d’avancées sur les réformes de l’audiovisuel et viserait à sécuriser juridiquement un éventuel projet autour de M6, dont CMA CGM détient déjà un peu plus de 10 % du capital, sans avoir arrêté sa stratégie. Une intervention qui va de paire avec des actions de M6 récemment qui tente également de faire sauter les limitations de son rachat.

Au coeur du débat figure l’article 39 de la loi de 1986, qui limite à 49 % la détention du capital d’une chaîne dépassant 8 % de part d’audience. Problème : le décret précisant les modalités de calcul de ce seuil n’a jamais été publié. Or M6 évolue à proximité de cette limite, avec une part d’audience de 7,8 % en janvier selon Médiamétrie, susceptible de progresser avec la diffusion de la Coupe du monde cet été. D’où les interrogations sur la période et le périmètre de référence retenus.

Cette incertitude réglementaire s’ajoute à un autre verrou majeur : l’obligation de conserver une fréquence TNT pendant cinq ans après son attribution par l’Arcom. Cette règle empêche toute cession de M6 avant 2028, voire 2032 à l’échelle du groupe.  Une réduction de ce délai avait été envisagée dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel public. Le texte n’attend plus qu’une lecture à l’Assemblée nationale, mais le Premier ministre, Sébastien Lecornu, semble avoir renoncé à ce projet de « BBC à la française » face à l’opposition des socialistes.

Dans ce contexte, une cession de M6 apparaît particulièrement complexe. En janvier 2025, le PDG de TF1, Rodolphe Belmer, rappelait d’ailleurs qu’une fusion avec M6 est « juridiquement impossible à court terme », tout en affirmant que le projet avait encore un sens.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox