SOS par satellite, SMS de secours, partenariats avec Starlink… La connectivité spatiale fait beaucoup parler d’elle. Mais chez Free Mobile, on préfère attendre que la technologie propose de vrais usages avant de se lancer.
Alors que les services satellitaires commencent à se démocratiser chez certains acteurs du mobile, Free Mobile reste prudent. Interrogé par Frandroid, Pascal Mayeux, directeur Cœur de Réseau de l’opérateur, explique pourquoi le satellite n’est pas encore une priorité pour Free, malgré l’engouement autour du « Direct-to-Cell ».
Depuis l’annonce du partenariat entre T-Mobile et Starlink aux États-Unis, et la généralisation des fonctions SOS par satellite sur les iPhone et certains smartphones Android, la question revient régulièrement : quand Free Mobile proposera-t-il à son tour une connectivité satellite pour ses abonnés ? D’autant plus qu’en Europe, Orange mène déjà des tests sur ces technologies émergentes et a même lancé une solution récente pour des messages par satellites.
Pourtant, du côté de Free, le discours se veut mesuré. Pascal Mayeux l’assume clairement : l’opérateur préfère temporiser. Selon lui, le frein n’est pas technologique, mais bien lié à l’intérêt réel pour le grand public. Aujourd’hui, les usages permis par le satellite sur un smartphone classique restent très limités. « Aujourd’hui, les satellites servent essentiellement à faire des appels d’urgence, éventuellement des SMS. Elles ont des fonctionnalités qui sont légèrement limitées », rappelle-t-il.
Si ces services peuvent s’avérer précieux dans des situations extrêmes, ils ne constituent pas, à ce stade, une offre suffisamment attractive pour être proposée à grande échelle. « On trouve que l’offre n’est pas encore assez alléchante. […] Ça nous semble un peu limité pour du grand public », résume le directeur du cœur de réseau.
Contrairement à d’autres opérateurs susceptibles de lancer rapidement une option satellite essentiellement axée sur l’image ou la sécurité, Free semble vouloir attendre des usages plus complets. L’opérateur espère une évolution vers des services offrant de la vraie voix, de la data ou une continuité d’usage plus proche de celle des réseaux terrestres, et pas seulement l’envoi de messages de secours.
Pour autant, Free ne reste pas à l’écart du sujet. Des échanges sont en cours, aussi bien avec les constructeurs de smartphones qu’avec des acteurs du secteur satellitaire. Mais là encore, sans précipitation. « On travaille à la fois avec les constructeurs et on a commencé à approcher […] des opérateurs satellitaires. Pour l’instant, on regarde un peu plus, on ne peut pas être trop précipités », précise Pascal Mayeux.
Le « Direct-to-Cell » n’est donc pas exclu à moyen ou long terme chez Free Mobile. L’opérateur préfère simplement attendre que la technologie arrive à maturité avant de se lancer. « Bien sûr, un jour peut-être… Ça se trouve demain. Mais en tout cas, on réfléchit et on surveille de près », conclut-il. Pour les abonnés Free, la connectivité satellite devra encore patienter, le temps que le service dépasse le stade de la promesse technologique.
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