5G : Bouygues et SFR à la table des négociations avec l’Etat pour une indemnisation en cas de refus de Huawei

5G : Bouygues et SFR à la table des négociations avec l’Etat pour une indemnisation en cas de refus de Huawei

Toujours dans le flou autour de Huawei sur la 5G, SFR et Bouygues pourraient obtenir une révision de certaines conditions du processus des enchères en cas de scénario catastrophe pour eux.

Il faudra faire vite. A l’heure où l’Anssi prend du retard et n’a toujours pas donner ses premières autorisations et refus sur l’utilisation des équipementiers pour le déploiement de la 5G, Bouygues Telecom et SFR se crispent. Au-delà du manque actuel de clarté, les deux opérateurs souhaitent avoir des garanties en cas de refus de l’Agence nationale des systèmes de sécurité et d’information.

Car le temps presse, l’attribution des fréquences 5G prendra place mi-avril, les opérateurs devront débourser 2,17 milliards d’euros au minimum. En cas de refus total de Huawei ce qui est peu probable, SFR et Bouygues dont la moitié du réseau est équipé par le géant chinois, devront dépenser des sommes colossales, pour rendre compatible une partie de leur réseau 4G avec le nouvel équipementier. « On ne met pas une portière Peugeot sur une Renault. Pour les réseaux, c’est pareil », martèle Didier Casas, directeur général de Bouygues Telecom.

Un chantier important qui impactera inévitablement selon eux leur qualité de service pendant la transition, et qui engendrera aussi une perte d’abonnés. Par conséquent, les deux opérateurs négocient actuellement une indemnisation avec l’Etat si ce scénario devait se produire, a indiqué ce week-end Le Figaro.

« Si un opérateur devait pâtir d’une interdiction, chacun devrait prendre sa part », justifie Arthur Dreyfus, secrétaire général de SFR. Selon le quotidien, les sommes négociées n’incluent pas le déploiement de nouveaux équipements en lieu et place de ceux de Huawei, ce dernier représenterait un coût toutefois important, jusqu’à 1 milliard d’euros par opérateur.

Bouygues et SFR souhaitent en tout cas une prise en compte des impacts commerciaux, notamment le retard occasionné sur le déploiement de la 5G.

Au rang des possibilités selon une source proche du dossier, un étalement plus large du paiement des licences 5G, mais pas de chèque de l’Etat.“Les obligations de déploiement pourraient aussi être revues, et la taxe pour les entreprises de réseaux (Ifer) révisée”, poursuit le quotidien. Une kyrielle de mesures n’est donc pas à écarté pour compenser le manque à gagner et surtout calmer le jeu avec les opérateurs ; Martin Bouygues a d’ailleurs menacé le mois dernier d’attaquer l’Etat en justice.

Source : Le Figaro