Réforme de l’audiovisuel: Netflix trouve l’addition trop salée en France

Réforme de l’audiovisuel: Netflix trouve l’addition trop salée en France

La future loi audiovisuelle a pour projet d’imposer des investissements dans des productions françaises aux plateformes de SVOD comme Netflix, qui pour sa part trouve le dispositif trop lourd.

Le projet sera examiné en avril prochain par les députés et l’une des nouveautés de cette loi concerne les demandes d’investissements que devront réaliser les plateformes de SVOD en France. Les grandes lignes de la loi ont déjà été révélées, et Netflix et consorts devront investir 25% de leur chiffre d’affaires en France dans des productions européennes, avec une majorité d’oeuvres françaises. Netflix milite déjà pour l’allègement du dispositif.

Une note trop salée pour Netflix

Le chiffre d’affaires de Netflix en France est estimé à 800 millions d’euros à l’année, avec cette loi telle qu’elle est prévue, le géant de la SVOD devrait donc investir 200 millions d’euros dans les productions européennes et françaises. Un chiffre conséquent, quand on sait que Netflix a annoncé vouloir investir 100 millions d’euros en 2020 dans ces contenus.

D’après les informations de la Lettre A, si la position officielle du géant est simplement la surprise face à ces charges, il les trouve en réalité excessives. Netflix serait donc en pleine campagne de lobbying en France et en Europe pour alléger cet arsenal imposé par le gouvernement.

Mais ce n’est pas le seul point au sujet duquel Netflix est mécontent. La production de contenus français se fera selon les règles en vigueur en France, qui sont très différentes des normes américaines. Par exemple, il devra renoncer au modèle américain donnant au producteur le “final cut”, le montage final de l’oeuvre, qui revient au réalisateur en France.

La chronologie des médias est également un gros point noir dans les projets de Netflix. Produire des contenus pour ne pouvoir les diffuser que dix-sept mois après leur exploitation en salle pour les long-métrages serait un énorme manque à gagner pour le service. En effet, 45% des productions de la plateforme sont des films. Sur ce point cependant, des discussions sont déjà en cours avec le Ministre de la Culture pour que Netflix bénéficie d’un délai réduit.

En attendant l’examen du projet de loi, Netflix fait donc des pieds et des mains pour alléger les obligations d’investissements que pourrait entraîner la nouvelle réforme.