Orange se prépare officiellement à une cession partielle de ses réseaux fibre et mobile en “en gardant le contrôle”

Orange se prépare officiellement à une cession partielle de ses réseaux fibre et mobile en “en gardant le contrôle”

Orange veut mieux valoriser ses infrastructures FTTH et mobile, mais sans jamais en perdre le contrôle. Voici ses plans, entre cessions partielles et opportunités de consolidation.

Les déclarations du PDG d’Orange se concrétisent. “l’appétit actuel des fonds d’infrastructure révèle bien la valeur intrinsèque des réseaux télécoms”, a lancé en mai dernier Stéphane Richard. Et d’ajouter que l’opérateur doit de se poser la question de “la maximisation de la valeur” de ses infrastructures.

Développer et mieux valoriser ses infrastructures, est aujourd’hui une ambition forte affichée par Orange dans son nouveau plan stratégique “Engage2025” présenté ce matin. L’opérateur historique veut “réinventer son modèle” et pose les premières pierres de la cession partielle de certains réseaux en France et ailleurs en Europe, “tout en en gardant le contrôle”.

“Pour ses infrastructures FTTH, Orange continuera d’investir en propre, pour tenir ses engagements en zone moyennement dense (AMII) en France . En revanche, dans certaines zones Orange pourra en fonction des opportunité s’associer à des partenaires. “C’est l’objectif du projet de création dès 2020 d’une filiale en France, Orange Concessions, qui regroupera les 4 millions de prises des Réseaux d’Initiative Publique (RIP) appartenant aux collectivités locales et dont Orange est concessionnaire”, précise le nouveau plan stratégique du groupe à l’horizon 2025. Autrement dit, ces 4 millions de prises seront partiellement cédées.

Cette filialisation pourrait permettre à l’opérateur historique “de saisir les opportunités potentielles de développement ou de consolidation sur ce marché”. Orange ne le cache donc plus et pourrait emboîter le pas à SFR dont rachat du quatrième opérateur d’infrastructure français Covage, sera acté dans les prochains mois.

Sur les infrastructures mobiles, notamment en 5G, Orange annonce vouloir “s’appuyer sur des accords de RAN-sharing, tout en maintenant des zones de différenciation”. En parallèle, l’opérateur souhaite valoriser davantage les 40 000 tours de son réseau mobile en propre en Europe. Pour ce faire, Orange va créer, “dans la plupart de ses pays européens, des TowerCos, c’est-à-dire des entités dédiées à la gestion des tours”, dont il gardera le contrôle dans tous les pays européens où elles verront le jour. Cela commencera par la France et l’Espagne en 2020.

Cette nouvelle logique industrielle permettant l’accélération des déploiements de ses réseaux notamment 5G mais aussi la démultiplication de ses capacités d’investissements, vient confirmer des informations récentes du Financial Times. Selon le quotidien britannique, Orange compte emboîter le pas à Bouygues Telecom, SFR et plus récemment Free en préparant actuellement la scission de ses pylônes en France, via la création d’une structure séparée, une opération qui pourrait faire grimper de 10 milliards d’euros sa valorisation. C’est donc le cas.

Cette nouvelle approche prend forme dès aujourd’hui puisque Orange a annoncé ce matin la cession de 1 500 sites non stratégiques en Espagne à Cellnex pour 260 M€, l’hexagone va ainsi suivre.