Canal+, TF1, M6 et Altice main dans la main face à la loi nouvelle loi audiovisuelle

Canal+, TF1, M6 et Altice main dans la main face à la loi nouvelle loi audiovisuelle

Quatre grands groupes privés de la télévision ont parlé d’une même voix pour exprimer leur opinion sur la future loi audiovisuelle, arguant qu’elle les affaiblirait face aux Gafa.

Pour une fois, TF1, M6, Canal+ et Altice France se sont levés d’un même homme pour expliquer leurs craintes face à la future loi audiovisuelle. Nicolas de Tavernost (M6), Maxime Saada (Canal+), Gilles Pélisson (TF1) et Alain Weill (Altice) se sont ainsi exprimé lors d’un entretien pour Le Figaro sur le sujet.

Une alliance de circonstance justifiée par “l’urgence de la situation” d’après Gilles Pélisson, PDG de TF1. Celui-ci explique que les quatre groupes se sont alignés après avoir découvert que, d’après eux, le projet “nourrit des oppositions structurelles entre la création et les diffuseurs“. Un risque pour l’exception culturelle française. Avec l’arrivée de plateformes comme Amazon, Netflix, et Disney¨+ prochainement arrivant bientôt “sans obligations“, grâce à cette loi, Alain Weill assène quant à lui que “La loi est totalement aveugle, face à la menace qui pèse sur le secteur de la télévision“.

C’est en effet la principale crainte de ces groupes : l’arrivée et la liberté dont bénéficient les nouvelles plateformes créant du contenu audiovisuel. Maxime Saada explique que les chaînes de télévisions ont “l’impression d’être considérées comme de simples réceptacles à obligations“. Il compare les obligations imposées aux chaînes de télévision à celles imposées aux plateformes en expliquant que “les obligations des plateformes ne sont que virtuelles” et déplore le fait de ne voir aucun allègement se profiler. Pour illustrer ses craintes, le PDG de Canal+ explique que “ce qui est financé par les Gafa appartiendra toujours aux GAFA. Et ce que nous financerons appartiendra aussi aux Gafa.“. D’autres craintes sont également soulevées par Alain Weill, concernant la publicité ciblée. Pour l’homme d’affaire, “la publicité adressée va être autorisée mais nous n’aurons pas le droit de mettre l’adresse du commerçant local“, dénonçant justement le fait que Google soit le premier acteur de la publicité et que les chaînes de télévision françaises “ne récupéreront que les miettes“.

Interrogé par Le Figaro, Nicolas de Tavernost explique ce que réclament les groupes. “Simplement d’avoir des marges de manœuvres similaires à celles des Gafa“, par exemple la possibilité de produire dans les mêmes conditions que les plateformes. Pour appuyer son propos, il explique que la France n’a pas encore réussi à créer un grand champion international au niveau de la fiction.