IPV6 : Free cartonne sur l’activation de ses abonnés Freebox et distance totalement ses rivaux

IPV6 : Free cartonne sur l’activation de ses abonnés Freebox et distance totalement ses rivaux

L’Arcep lève le voile sur son baromètre annuel de la transition vers IPv6 en France. La politique d’activation par défaut de Free sur les Freebox porte ses fruits avec 80% d’abonnés fixe ayant dores et déjà basculé mi-2019. Orange suit et reste ambitieux. Bouygues et SFR sont largués.

C’est la pénurie de l’IPV4, d’ici la fin de l’année, le stock d’adresses disponibles sera épuisé, et internet « cessera de grandir », annonce l’Arcep. Il est donc temps de passer à l’IPV6 pour tous les acteurs. Sur le réseau fixe, la police des télécoms constate des progrès mais appelle les grands opérateurs à poursuivre et renforcer leurs efforts : “leurs prévisions de déploiements demeurent notamment insuffisantes pour faire face à la pénurie d’adresses IPv4”.

S’agissant des activations, Free tient toujours largement le haut du pavé à fin juin 2019 avec un taux de 80%, contre 68% pour Orange, 20% pour Bouygues et seulement 6% pour SFR. L’Arcep félicite à ce propos Free et sa décision de déployer un nouveau firmware sur la très grande majorité de ses box en mai 2019 et supprimé la possibilité de désactiver IPv6, augmentant ainsi significativement l’utilisation d’IPv6 en France.

Les projections à mi-2022 sont par ailleurs jugées “encourageantes” pour l’opérateur de Xavier Niel et de Stéphane Richard. Free atteindra les 100% à cette échéance. Ce sera entre 85% et 95% pour Orange. Toutefois, la pénurie rend nécessaire une accélération de la transition encore plus prononcée. 

En particulier visé, SFR, très à la traîne. Si 100% de ses clients sont déjà compatibles IPv6 sur le xDSL, 60% en FttH et 0% sur le câble, quelques progrès sur l’activation en FttH sont toutefois à noter, même si le nombre de clients activés, c’est-à-dire qui émettent et reçoivent effectivement en IPv6, reste bien trop faible. Le régulateur estime aussi les prévisions de l’opérateur au carré rouge “insuffisantes” (entre 25% et 35% à mi-2020 et entre 45% et 55% à mi-2022). Une grande majorité des abonnés n’activent pas l’IPv6 manuellement, SFR est ainsi “encouragé à réaliser cette activation par défaut comme la plupart des opérateurs”.

Par ailleurs, l’Arcep met en exergue les efforts de déploiement de Bouygues Telecom (environ 20% de clients activés à mi-2019 contre 2,5% à mi-2018)mais encore une fois la compatibilité en IPv6 reste très faible. “Les prévisions demeurent également très insuffisantes (entre 50% et 60% à mi-2022) pour faire face à la pénurie. Bouygues Telecom est encouragé à augmenter le nombre de clients IPv6-ready et à poursuivre les efforts de déploiement d’IPv6 sur leur réseau fixe”, note le baromètre.

Les quatre opérateurs sont également invités à proposer de l’IPv6 sur leurs offres entreprises et à entamer au plus vite la transition sur la 4G fixe.

 

La politique d’activation d’IPv6 sur les box des principaux opérateurs explique la différence entre le taux d’abonnés disposant d’IPv6 (IPv6-ready) et le taux de ceux effectivement activés en IPv6 

Sur le réseau mobile, malgré leurs efforts, l’Arcep alerte sur le retard des opérateurs dans le déploiement et les appelle “à prendre les mesures nécessaires pour répondre à la pénurie d’IPv4”. Bouygues Telecom se démarque sensiblement. A noter que Free n’a pas communiqué sur ses prévisions de basculement en IPV6 pour ses abonnés mobile.

Pour rappel, l’iPV6 doit à terme remplacer l’iPv4, qui ne peut pas générer suffisamment d’adresses. Grâce à des adresses de 128 bits au lieu de 32 bits, IPv6 dispose d’un espace d’adressage bien plus important.