Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom : mort de 40 vaches, la justice ordonne la suspension temporaire d’une antenne 4G

Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom : mort de 40 vaches, la justice ordonne la suspension temporaire d’une antenne 4G

Deux mois de suspension pour un site mobile soupçonné par un éleveur de Haute-Loire d’impacter la santé de son cheptel.

Les avocats d’Orange, Free et Bouygues Telecom ont pourtant mis en exergue l’absence d’élément scientifique démontrant un lien entre la santé des animaux et les ondes générées par les antennes. Mais au vu de la situation constatée autour d’un site mobile multi-opérateurs, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a estimé qu’il y a “lieu d’ordonner cet arrêt provisoire du fonctionnement de cette antenne pour une durée de deux mois, compte tenu de ses incidences générales, avec suivi, par l’expert judiciaire, du comportement du cheptel, et des vaches laitières en particulier, sur cette période”, a t-il annoncé dans son ordonnance.

Depuis l’installation de ce site en juillet 2021 à proximité de son élevage dans la commune de Mazeyrat-d’Allier, un éleveur assure avoir perdu une quarantaine de vaches sur les 200 que compte son troupeau. Autre constat, la production de lait serait en forte baisse.

Lors de l’audience, l’expert judiciaire mandaté par le tribunal du Puy-en-Velay s’était montré en faveur d’un arrêt temporaire, le temps de lui permettre de mener à bien son expertise demandée par la justice en février, rapporte l’AFP. “Ce cheptel fait partie des 10% à 20% meilleurs du département” et “je n’ai pas d’éléments médicaux pour expliquer la chute brutale de la production de lait, de 15% à 20%, dans les jours qui ont suivi la mise en place de l’antenne”, a-t-il fait savoir.

L’Etat et les opérateurs disposent de trois mois pour “procéder à l’interruption et organiser la sécurité et les appels de secours dans la zone concernée”, explique l’agence de presse. A l’origine de l’installation de ce pylône, Orange avait indiqué en septembre 2021 “ne pas avoir relevé d’anomalie dans les mesures enregistrées sur cette antenne“. Pour sa part, l’éleveur a tenté d’en savoir plus et d’agir à différents niveaux. Il a notamment porté plainte ou alerté les pouvoirs publics. “Il y a des spécialistes, comme des vétérinaires, radiesthésistes, géobiologie, qui sont venus, ont apporté certaines réponses, mais rien qui ne soit viable à long terme”, avait-t-il alors déploré. Aujourd’hui, c’est une première victoire pour lui.