Le sabotage des réseaux ayant impacté Free et d’autres opérateurs a nécessité un “travail d’ultra précision”

Le sabotage des réseaux ayant impacté Free et d’autres opérateurs a nécessité un “travail d’ultra précision”

Si les actes de vandalismes sur les réseaux fixes et mobiles ne datent pas d’hier, l’organisation et la réalisation de l’opération ayant mis à mal les opérateurs télécoms mercredi dernier inquiète par son professionnalisme.

Un sabotage pas comme les autres. Les liaisons en fibre optique reliant notamment Paris à Lyon ou Strasbourg ont été la cible d’attaques coordonnées et les spécialistes s’interrogent sur le mode opératoire et bien sûr, se demandent qui peut en être à l’origine. “Des faisceaux d’indices montrent que les auteurs connaissaient précisément la localisation des chambres de tirage (l’endroit où passent les câbles, NDLR) et les câbles à couper“, explique un spécialiste à l’AFP.

L’attaque sur l’axe Paris-Lyon a par exemple été réalisée au milieu d’un champ de colza et les malfrats ont concentré leur malveillance sur un point critique : les sur-longueurs de câbles utilisées lors de la maintenance, rendant la réparation encore plus longue. Une opération semble-t-il assez organisée pour avoir réalisé ces coupures à quelques minutes d’intervalles, avec un équipement adéquat. Maurice Gagnaire, professeur spécialiste des réseaux optiques et radio à Telecom Paris s’interroge : « comment les personnes qui ont fait ça ont su où passaient les faisceaux ? Toutes les lignes de fibre sont enterrées et il faut vraiment être au courant des chemins de câbles et notamment des points centraux stratégiques. »

Pour le président d’InfraNum, il s’agissait de “professionnels qui avaient la compétence, l’équipement et les connaissances sur la sensibilité des réseaux, ils savaient exactement ce qu’ils faisaient“. Un autre spécialiste du secteur considère qu’ils ont eu besoin de complices : “Ces trappes en béton peuvent être ouvertes avec des clés bien particulières. Et surtout, il faut connaître leur emplacement exact. C’est un acte forcément préparé, prémédité. D’autant plus quand on a quatre opérations à des endroits différents. Vu le niveau de préparation, ce n’est pas un acte d’illuminés, mais plutôt de personnes qui ont voulu créer du ralentissement et avoir une caisse de résonnance. Ils savaient quoi couper.

Si cette crise a pu être gérée très rapidement par les équipes des opérateurs, comme l’expliquait Thomas Reynaud au micro de Europe 1, ces techniques d’un nouveau genre, bien plus précises inquiètent. Les opérateurs sont plus souvent confrontés à des actes isolés et empreints d’amateurismes comme l’incendie d’antennes 5G.

Les spéculations vont bon train sur les personnes ayant pu s’attaquer ainsi aux réseaux, pour Maurice Gagnaire, l’hypothèse d’une personne lambda est exclue. Le sujet est sensible et mobilise au plus haut niveau de l’État, et certains mettent en avant la piste d’une vengeance de sous-traitants, face à de nombreuses crises sociales dans le secteur, avec notamment le dossier Scopelec, mais également des revendications concernant les nouveaux tarifs d’Orange. Une enquête à été ouverte et doit déterminer qui était à l’origine de cette attaque.

Source : Le Parisien