Netflix ralentit dans le monde, vers les 10 millions d’abonnés français en 2022 ?

Netflix ralentit dans le monde, vers les 10 millions d’abonnés français en 2022 ?

Malgré des records d’audience sur des séries phares, la croissance de Netflix a ralenti pour la fin de l’année 2021, de quoi inquiéter les investisseurs.

Une fin d’année en demi-teinte pour la plus grande plateforme de streaming du monde. En annonçant ses résultats pour le 4e trimestre 2021, Netflix a vu son action perdre jusqu’à 20% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse. Si le nombre d’abonnés reste honorable, soit 221.8 millions d’utilisateurs dans le monde, il reste moindre que les 222 millions attendus par la plateforme et il s’agit d’une tendance déjà observée lors des trimestre précédents.

Et les prévisions ne sont également pas très reluisantes, puisque la firme prévoit environ 2.5 millions de nouveaux abonnés pour le premier trimestre 2022, contre les 4 millions gagnés sur le même exercice l’année dernière. Un gain assez faible pour un premier trimestre, qui a toujours été dépassé depuis 2010, alors que Netflix ne comptait que 13.9 millions d’abonnés. “La rétention (des abonnés) et les audiences restent solides mais la croissance des nouveaux abonnés n’a pas retrouvé les niveaux d’avant la pandémie“, reconnaît le leader du marché.

Netflix estime que cette baisse de croissance est due à divers facteurs “y compris le Covid qui continue à peser sur l’économie et des difficultés macro-économiques dans différentes parties du monde, notamment l’Amérique latine”. Pour d’autres analystes, rien d’étonnant à cette baisse de régime : “Il n’y a rien qui cloche chez Netflix, ils font juste face à une concurrence de plus en plus agressive. Il devient donc plus difficile pour eux de se distinguer et d’attirer le public”, affirme l’analyste indépendant Robert Enderle.

La plateforme se porte bien financièrement, en réalisant 7.7 milliards de dollars de recettes et 607 millions de bénéfice net. Le tout avec des succès planétaires entre octobre et décembre, comme la série coréenne Squid Game ou la dernière saison de la Casa de Papel. Cependant, certains échecs en terme de programme sont revenus chers, comme l’adaptation en prise de vue réelle de Cowboy Bebop, qui n’a pas trouvé son public et dont la production a coûté cher.

Du côté de l’hexagone, un palier important approche

A noter cependant qu’en France, certaines indiscrétions relevées par les Echos font état d’un franchissement du palier de 9 millions d’abonnés dans l’Hexagone, avec un chiffre d’affaire dépassant le milliard d’euros. De quoi augurer le passage du dixième million cette année, les derniers chiffres officiels de la plateforme remontant à un an et faisant état de près de 8 millions d’utilisateurs.

Pour rappel, la plateforme a été lancée en 2014 sur le territoire français et s’est désormais fait une place de choix dans le paysage audiovisuel français. Au niveau de la disponibilité tout d’abord, où elle a réussi à signer des accords avec les acteurs majeurs du milieu, notamment les opérateurs télécoms et Canal+, qui proposent désormais des offres incluant un abonnement. Chez Free, la Freebox Delta inclut par exemple l’offre “Essentiel”, Canal+ l’inclut dans son offre “Ciné Séries” et Bouygues Telecom ou SFR ont déjà proposé des séries limitées incluant un accès à Netflix.

Mais la plateforme s’est également impliquée dans la création audiovisuelle française. Tout d’abord en lançant plusieurs séries dans l’Hexagone, mais également en négociant, tout comme ses concurrents, avec les acteurs du milieu pour réviser sa position au sein de la chronologie des médias. L’intérêt pour la plateforme est de pouvoir, moyennant une participation plus ou moins importante dans la création audiovisuelle française, de diffuser les films sortis au cinéma plus tôt sur sa plateforme, au lieu des 36 mois actuels. Si les négociations sont toujours en cours pour décider du délai final accordé à chaque plateforme, cette mesure devrait être appliquée prochainement et pourrait donner un élan au recrutement de Netflix en France, la disponibilité des films plus récents la rendant plus attrayante.

Cependant, si le géant américain reste leader en France, plusieurs concurrents sont sur ses talons, notamment Amazon Prime Video et Disney+, qui pour sa part a enregistré une croissance très importante dès son lancement dans l’Hexagone. Sans compter sur la potentielle arrivée d’autres acteurs importants, comme HBO Max, qui pourrait arriver en 2023.

Source : l’AFP