Orange poursuit sa stratégie pour réduire ses effectifs dans un climat apaisé

Orange poursuit sa stratégie pour réduire ses effectifs dans un climat apaisé

Orange annonce la signature d’un nouvel accord intergénérationnel favorisant l’intégration des jeunes et permettant aux salariés de repenser la fin de leur carrière. Il doit contribuer à retrouver un équilibre entre les générations et fonctions au sein de l’entreprise, tout en maintenant un climat social apaisé.

“Cet accord illustre notre ambition d’inventer un nouveau modèle social permettant à chacune et chacun de se projeter avec confiance et sérénité dans sa future vie professionnelle, tout en répondant aux enjeux de croissance du Groupe”, se félicite Gervais Pellissier, Directeur Général Délégué, People & Transformation d’Orange. Et d’ajouter : “La période de crise sanitaire et économique que nous traversons nous conforte dans la conviction qui nous anime depuis dix ans : l’humain est, et reste, au cœur de notre réussite collective”. Vendredi, l’opérateur historique a en effet annoncé la signature nouvel accord intergénérationnel pour la période 2022-2024 qui entrera en application le 1er janvier 2022. Signé par les trois syndicats CFDT F3C, FO COM et SUD PTT, celui-ci a pour but d’accompagner ses collaborateurs dans leur carrière, tout en favorisant l’insertion des jeunes.

8 000 CDI et un dispositif  Temps Partiel Sénior

Alors qu’il prévoit d’engager “a minima 8000 CDI” en France sur la période 2022-2024, Orange s’engage ainsi à mettre l’accent sur le recrutement de salariés de moins de 30 ans dans les fonctions opérationnelles et sur les métiers du numérique. Le but est que la moitié des recrutés au cours des 3 ans aient moins de 30 ans.

L’accord prévoit aussi de permettre aux salariés en milieu de carrière le souhaitant de “faire une pause dans leur activité”, afin de “s’inscrire dans un cycle universitaire ou une formation sans rapport direct avec leur activité professionnelle, de s’engager aux côtés d’associations, de dispenser des formations dans des écoles, universités, instituts de recherche ou de contribuer à des projets dans des start-up ou PME, pour une durée de 3 à 12 mois”. Une pause pour concrétiser un projet professionnel qui sera rémunérée.

L’opérateur historique indique enfin souhaiter “offrir de nouvelles perspectives aux salariés désirant anticiper leur départ en retraite ou repenser leurs dernières parties de carrière en prenant du temps pour eux et pour les autres”. Un dispositif “Temps Partiel Sénior” ouvert du 1er janvier 2022 au 1er janvier 2023 et basé sur le volontariat permettra à ceux qui le souhaitent un aménagement du temps de travail sur une période de 18 à 60 mois avant leur départ à la retraite. Un départ anticipé proposé aux salariés à cinq années de la retraite, avec une rémunération correspondant à environ deux tiers de leur salaire. Ces salariés représentent environ 10 % des effectifs.

Rajeunir et réduire les effectifs, mais en douceur

Pour Orange, qui compte aujourd’hui 82 000 collaborateurs en France, il s’agit de faire évoluer sa masse salariale, mais en douceur. “Nous restons dans l’esprit apporté par Stéphane Richard. On ne transformera pas l’entreprise contre ses salariés, en particulier contre ceux qui restent”, explique Gervais Pellissier, à propos de cet accord, le cinquième du genre depuis 2010, lorsque Stéphane Richard a pris la direction de l’opérateur historique.

La stratégie a porté ses fruits puisque les effectifs ont fondu d’environ 5 000 par an, sans grosse dégradation du climat social. L’objectif est de contribuer au milliard d’euros d’économie prévu pour 2023, par rapport à 2020. “Le groupe considère qu’il a encore des sources d’amélioration, surtout dans son pilotage et ses fonctions transversales”, explique d’ailleurs Gervais Pellissier. Pointé du doigt pour privilégier désormais la sous-traitance pour le déploiement et la maintenance des réseaux fixes et mobiles, l’opérateur indique une proportion stable autour des 26 %, hors pic lié à la fibre optique. Tout en assurant vouloir conserver ses équipes techniques expérimentées. Le nouvel accord concerne donc davantage les fonctions support.

Source : Les Echos