SFR : “le sens de l’histoire, c’est que notre FttB devienne du FttH”, entre 2020 et 2025

SFR : “le sens de l’histoire, c’est que notre FttB devienne du FttH”, entre 2020 et 2025

L’opérateur au carré rouge a annoncé en avril dernier sa volonté de moderniser dès 2020 la colonne montante pour transformer le fttb en ftth. Un rétropédalage préparé sur lequel est revenu hier Alain Weill, PDG d’Altice Europe.

"Cela va démarrer dès 2020, et cela va se faire dans les cinq ans qui suivent. Mais ce qui est le plus important aujourd’hui, dans la vie quotidienne des utilisateurs, c’est de passer de l’ADSL à la fibre. Quand on a accès au FttB après avoir eu l’ADSL, c’est déjà un progrès considérable" a confié Alain Weill dans une interview accordée à nos confrères de Degroupnews en marge de l’officialisant de plusieurs accords sur la fibre en Bretagne.

Si SFR déploie aujourd’hui du 100% FTTH, l’opérateur va donc bel et bien migrer ses abonnés coaxial vers la fibre progressivement. Côté chiffres, c’est le flou total puisqu’il est aujourd’hui impossible de connaître le nombre exact d’abonnés FTTB de la filiale d’Altice, ceux-ci étant mélangés aux clients fibre dans ses comptages mais une chose est sûre et même officielle, sur les 12 millions de prises raccordables de SFR, 8 millions sont en FTTB. Cette stratégie de recentrage sur la fibre, l’opérateur l’a mise en place en 2017, en permettant ainsi à ses clients de choisir parmi les technologies disponibles.

Selon le PDG d’Altice Europe, cette intention de rénover ses clients pour transformer son réseau coaxial en fibre suit inévitablement le cours des choses : " Le FttB permet déjà d’avoir le Gigabit, ce qui est totalement suffisant pour l’usage de 98% des utilisateurs, pour regarder la télévision, regarder Netflix, faire ses achats en ligne et utiliser Internet comme ils le souhaitent. Par contre pour quelques usages, notamment les jeux vidéo, sur lesquels il y a besoin de remonter de la data de façon importante, il est préférable de passer à la fibre. Donc de toutes façons, le sens de l’histoire, c’est que notre FttB devienne du FttH."

Pour rappel, à la suite du rachat de SFR par Numéricable, les nouveaux abonnés SFR se sont vus systématiquement connectés au réseau câble de l’opérateur (si celui-ci était présent) même si le FTTH était disponible. Cela permettait à l’opérateur d’amortir son réseau câblé, et c’est une des raisons pour lesquelles il avait un peu laissé à l’abandon le déploiement de la fibre. 

Par ailleurs, Alain Weill est revenu sur les objectifs pour le moins ambitieux de SFR d’ici 2020 : " Nous avons un programme de 1,3 million de prises FttH sur le territoire en 2019, actuellement notre groupe fabrique 3.500 prises par jour. Le rythme est là." Et d’ajouter que "les choses ont bien évolué : aujourd’hui, la demande est très forte. Elle l’était moins il y a quelques années, et les opérateurs étaient moins motivés, sans doute, pour aller vite".
 
L’Arcep a toutefois récemment appelé SFR mais aussi Orange à mettre un coup d’accélérateur en zone AMII. A la fin du premier trimestre 2019, environ 50 % des locaux des communes sur lesquelles l’opérateur historique s’est engagé et 40 % pour la filiale d’Altice ont été rendus raccordables, a constaté le régulateur avant de rappeler que pour atteindre leurs objectifs, "il est nécessaire que les opérateurs intensifient le rythme de ces déploiements." Pour rappel, la première échéance des engagements porte sur au moins 92 % de locaux raccordables à fin 2020, le complément devant être « raccordable à la demande ».