Free Mobile : faute de terrain d’entente avec une commune, un conflit s’enlise

Free Mobile : faute de terrain d’entente avec une commune, un conflit s’enlise

L’affaire est loin d’être bouclée. L’opposition reste en effet très forte dans une commune où Free voudrait installer un pylône de téléphonie mobile.

“Le maire dit non, la communauté de commune dit non, le parc naturel régional dit non, les riverains disent non, mais ils ne revoient pas la copie”, peste une riveraine, dénonçant “un manque de démocratie”. Le pylône Free n’est visiblement toujours pas la bienvenue à Saurat, village d’environ 650 habitants dans le département de l’Ariège.

La déclaration préalable de l’opérateur remonte à 2019. Depuis, la mairie a publié 3 arrêtés contre le projet de Free, qui se traduirait par un équipement de 36 mètres de haut, tandis qu’une pétition en ligne a recueilli de son côté près de 6 000 signatures. Agacé, le telco avait même décidé de passer par la voie judiciaire, tandis que des riverains avaient tenté d’interpeller l’État.

Localisation mal choisie, injustice et nécessité non évidente

Pour expliquer cette opposition, il y a tout d’abord la proximité des habitations (les premières étant à 140 mètres) et du rocher du Carlong, lieu emblématique de la zone. Aux yeux de Ferdinand Bricaud, président de l’association veillant à la qualité de vie dans les Ecarts de Saurat, “ça va vraiment gâcher le paysage”.

Clémence Nicolas, membre d’un collectif de riverains, partage cet avis. “C’est l’un des pires endroits pour mettre une antenne puisqu’on lève toujours la tête pour regarder le rocher”, explique-t-elle. Celle-ci souligne par ailleurs un paradoxe à ses yeux : “On est dans une zone naturelle et ils ont juste une petite déclaration préalable à faire pour un pylône de 36 mètres ? Nous on ne peut même pas faire un poulailler”.

Mais c’est également l’utilité qui est remise en cause. “Il n’y a pas besoin de mettre un pylône là où l’on capte déjà. La 4G fonctionne très bien avec Free et tous les autres opérateurs”, note Clémence Nicolas. “Il est vrai que nous ne sommes pas dans une zone blanche”, ajoute de son côté Ferdinand Bricaud.

Inquiétudes autour des ondes et de la 5G

Il y a également les inquiétudes concernant l’exposition aux ondes. “Je n’aimerais pas avoir une antenne de 36 mètres de haut devant ma porte. On ne connaît pas les effets sur la santé. On ne sait pas comment quelque chose d’aussi près pourrait agir sur notre corps“, explique la présidente de l’association du développement de l’animation de la vallée de Saurat.

Un avis partagé par Clémence Nicolas. “C’est quelque chose dont on ne parle pas assez parce qu’on dit toujours qu’il n’y a pas de preuves. Mais quand on habite à 100 mètres d’une telle installation, on peut supposer qu’on est plus exposé”, estime-t-elle.

Sans oublier l’ombre de la 5G. “On se doute qu’il ne vont pas installer un pylône de 36 mètres de haut pour mettre de la 3G. En plus, Free sont les premiers en Ariège à avoir déployé la 5G”, suspecte Clémence Nicolas.

Source : Le Journal Toulousain