“Halte à l’obsolescence programmée” dénonce la durée de vie trop courte de nos téléviseurs

“Halte à l’obsolescence programmée” dénonce la durée de vie trop courte de nos téléviseurs

L’association HOP (Halte à l’obsolescence programmée) publie une nouvelle sur un appareil bien connu des français : le téléviseur. Sa durée de vie est jugée trop courte et elle appelle à changer les choses.

Petit écran, grand gaspillage“. Le constat est amer pour HOP, l’association dévoile les résultats d’une enquête d’environ un an suite à des sondages auprès de sa communauté et après l’audition d’experts du domaine. Le résultat est sans appel : un téléviseur dure en moyenne 7 ans dans les foyers français, contre 11 attendus par les consommateurs.

Un bilan inquiétant pour l’association qui dénonce : “manque de fiabilité et de démontabilité, composants sous-dimensionnés, mises à jour incompatibles, course à la technologie et publicités fallacieuses sont autant de facteurs pouvant être mis en cause dans l’incitation des consommateurs au rachat précipités d’un nouveau téléviseur“. Une perspective peu réjouissante tant pour le porte monnaie que pour l’environnement.

Trois types de pannes sont récurrentes d’après l’association : le rétro-éclairage des diodes LED “souvent sous-dimensionnées” est parfois impossible à réparer sans devoir changer toute la dalle. Autre problème : des condensateurs de mauvaises qualités voire sous-dimensionnés ou encore des carte de contrôleur de dalle LCD trop fragiles. Le tout sans compter sur les problèmes relevant des pannes logicielles, notamment sur les Smart TV, qui “risque de réduire encore davantage la durée de vie de nos téléviseurs“.

Le déploiement de l’indice de réparabilité en vigueur depuis janvier 2021 révèle une réparabilité passable des téléviseurs en général (autour de 6,8/10 avec des écarts forts entre les modèles – en mars 2021-) et un manque de transparence encore important quant au détail des grilles calculantes. Quelques mois après son entrée en vigueur, il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l’indice de réparabilité, mais ses premiers résultats sont déjà intéressants et doivent inciter à rendre leurs produits plus réparables” assène l’association.

Un marketing trop poussé et des propositions

Avec l’Euro de football qui approche, HOP dénonce les stratégies publicitaires ou marketing des distributeurs basés sur des promotions et des démonstrations en magasin. Dans ces cas “la capacité maximale d’intensité de l’image” est poussée au maximal, et bien sûr les bénéfices d’acheter une TV 8K sont clairement contestés par HOP.

Pour palier aux types d’obsolescence rencontrés, l’association a formulé une charte d’engagement volontaire pour l’innovation durable à destination des fabricants reprenant les points suivants :

  • Intégrer des composants de meilleure qualité, pour trouver avec les consommateurs un meilleur équilibre entre marge et durabilité.
  • Penser à la durabilité, dès la conception, pour des téléviseurs plus fiables et plus réparables.
  • Accroître la réparabilité, en favorisant un prix juste des pièces et outils essentiels à la remise en état du matériel.
  • Sensibiliser les consommateurs, pour favoriser une utilisation dans les meilleures conditions d’entretien.
  • Conduire la recherche et le développement de façon responsable, dans l’optique d’accélérer la transition écologique.
  • Réduire l’obsolescence logicielle, pour des téléviseurs intelligents et durables.
  • Contribuer à une consommation plus responsable, pour que chacun joue son rôle dans l’allongement de la durée de vie des équipements.

Quant aux pouvoirs publics, l’association appelle à un soutien de la filière du réemploi et la réparation, avec notamment une baisse de TVA et des incitations à la réparation, tout en mettant à jour les critères de l’indice de réparabilité, mais aussi à soutenir l’offre de produits durables, avec par exemple des bons-malus ou une garantie logicielle et un encadrement de la publicité.