Fibre optique : il y a déjà une forme de pénurie affirme une association de collectivités

Fibre optique : il y a déjà une forme de pénurie affirme une association de collectivités

Pour pallier la tension sur l’approvisionnement en fibre optique, l’Agence du Numérique accède aux demandes de dérogation de certaines collectivités sur les Réseaux d’Initiative Publique qui veulent pouvoir utiliser un autre type de fibre optique que celui prévu par le gendarme des télécoms et son comité d’experts fibre. L’AVICCA estime que cette solution temporaire comporte de trop grands risques (économique et juridique) et conseille à ses adhérents de ne pas la suivre.

Les deux types de fibre optique en question sont la G657A2 plus adaptée au dernier kilomètre de réseau en raison de sa flexibilité, et la G652D idéale sur de longues distances en raison de ses caractéristiques techniques. L’Agence qui chapeaute le plan THD accepte temporairement à cause des grandes difficultés pour obtenir la première de la remplacer par la deuxième dont les stocks sont plus abondants.

L’AVICCA (Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel) qui a envoyé un courrier à ses adhérents (que Nextinpact s’est procuré) leur intimant de ne pas céder et continuer à utiliser le type de fibre optique prévue dans les normes, met les pieds dans le plat. "Il n’y a pas de pénurie de fibre optique, mais de fortes tensions. On peut tout de même dire qu’il y a une pénurie de G657A2" déclare au site spécialisé son délégué général, Ariel Turpin.

Les travaux pourraient avancer plus vite en substituant un type de fibre à l’autre, mais l’AVICCA donne les raisons qui ont motivées l’envoi de la lettre à ses adhérents. Cela soulève deux problèmes. Premièrement les RIP pourraient perdre leurs subventions de l’Etat en ne respectant pas les normes établies (c’est-à-dire en utilisant de la G657A2 au lieu de la G652D) "Si, oralement des adhérents ont pu entendre qu’il n’y avait pas de souci pour déployer ponctuellement de la G652D (à défaut de G657A2), il n’y a pas de garantie écrite d’être payés". Deuxièmement, dans le cas d’un différend entre le RIP et un opérateur, ce dernier pourrait se servir du fait que le réseau n’est pas aux normes pour cesser de payer. L’ARCEP de son côté a fixé comme règle l’utilisation de la G657A2 pour le dernier kilomètre et ne tolèrerait donc pas a priori, l’utilisation de la G652D sur ce segment de réseau.

Les spécifications techniques et fonctionnelles à respecter pour le déploiement en dehors des zones très denses vont-elles évoluer ? Les RIP vont-ils accuser un retard à cause du manque de fibre optique G657A2 ? Les industriels français vont-ils limiter la production de G652D destinée à l’export pour réserver leur capacité de production au marché français sur le deuxième type de fibre qui vient à manquer dans l’hexagone ? L’avenir nous le dira, ce qui est sûr c’est que la tension sur l’approvisionnement en fibre optique approche de son paroxysme.

 

Source : Nextinpact