Point de vue : faute d’avoir réussi le virage du numérique, Canal+ pourrait disparaître

Point de vue : faute d’avoir réussi le virage du numérique, Canal+ pourrait disparaître

Alors que la consommation de contenus audiovisuels se déporte de plus en plus vers les offres en streaming telles que Netflix, le Groupe Canal+ fait le chemin inverse en stoppant son service Canalplay « Face à Netflix et Amazon, nous n’avions plus la possibilité d’avoir des exclusivités dans notre offre de service de vidéo à la demande» a-t-il d’abord observé amèrement avant d’ajouter qu’« Ils viennent de lever cette injonction mais c’est malheureusement trop tard ! Canalplay est passé de 800.000 à 200.000 abonnés ! C’est terminé pour Canalplay !» annonçait récemment Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal+.

Cet échec à concurrencer Netflix sur ses propres terres, illustre le virage manqué de Canal+ dans le numérique et dans les nouveaux usages, ainsi que l’analyse Erwan Tison, directeur d’étude de l’Institut Sapiens, dans les colonnes du journal Les Echos (version papier). Pour lui « les entreprises qui n’évoluent pas pour s’adapter à ce nouveau monde [numérique]… disparaissent » et Canal+ en serait la dernière victime.

« Le géant français, lancé en 1984, fut précurseur dans de nombreux domaines télévisuels et s’est toujours différencié en proposant des programmes que l’on ne retrouvait nulle par ailleurs : Les Guignols, Les Deschiens, Groland ou encore le Petit Journal. Les contributions de la chaîne cryptée à la pop culture française sont légion […] Cet avantage culturel et concurrentiel, Canal+ n’a pas su l’exploiter pour se transformer et faire face à la révolution numérique… »

Pour Erwan Tison, « les spectateurs aspirent à des contenus à la demande en se tournant vers de nouveaux acteurs comme Netflix ou Amazon qui proposent des algorithmes suggérant les programmes correspondant au profil du téléspectateur. »

Pour appuyer ses propos, il prend l’exemple de Kodak, qui était le n°1 mondial de la photographie et qui a déposé le bilan en quelques mois, car il avait refusé de prendre le virage de la photo numérique.