Pour Canal +, une baisse du piratage lui ferait gagner 500 000 abonnés

Pour Canal +, une baisse du piratage lui ferait gagner 500 000 abonnés

 

Auditionné mercredi devant la Commission de la culture, de l’éducation et de la communication, le président du directoire de la filiale de Vivendi, a tiré à boulets rouges sur « l’environnement » fiscal et réglementaire français qui selon lui met à mal et fragilise le groupe.

Après avoir martelé que perdre la Ligue 1 pour la période 2020-2024 « n’est pas un échec mais un choix de survie » car si la filiale de Vivendi s’était alignée sur Media Pro, cela aurait provoqué « sa perte presque immédiate », Maxime Saada, a tenu à rassurer, Canal + n’est pas condamné pour autant. « Je crois qu’il y a des réformes qui peuvent protéger les acteurs français et qu’il faut réfléchir au delà même du sport aux moyens de nous renforcer» a t-il précisé. A ses yeux, Canal+ « s’est déjà beaucoup réformé » avec un plan d’économies de coûts de « 460 millions d’euros sur trois ans », c’est donc à présent au tour des autorités de lui permettre de se renforcer et surtout de repartir de l’avant.

Dans son viseur, la fiscalité, la concurrence jugée non équitable de Netflix et des Gafa qui ne paient pas suffisamment d’impôts dans l’hexagone, la TVA, les décrets sur l’audiovisuel. Mais aussi le manque de mesures efficaces pour éradiquer le téléchargement et le streaming illégal. A l’heure où Canal + perd toujours des abonnés en France, 115 000 en 2017 et 56 000 durant les trois premiers mois de l’année, le président de son directoire observe qu’« une baisse du piratage pour Canal+, c’est 500 000 abonnés en plus, c’est 40 millions d’euros de plus pour le cinéma français et c’est une marge de manoeuvre beaucoup plus importante sur les droits sportifs ». Pour rappel, Canal + est le premier financeur privé du cinéma français malgré une baisse de son investissement.