Télévision : le CSA répond à l’ARCEP sur l’avenir de la TNT

Télévision : le CSA répond à l’ARCEP sur l’avenir de la TNT

Pour le CSA, la TNT a de beaux jours devant elle si tant est qu’on se donne les moyens pour réussir à s’adapter aux transformations induites par la révolution numérique et qui bouleversent les équilibres économiques du secteur de l’audiovisuel.

La semaine dernière, Sébastien Soriano, président de l’Autorité de régulation des télécoms a jeté un pavé dans la marre en lançant le débat sur le déclin de la TNT et sur les modèles de demain en matière d’audiovisuel estimant que le modèle actuel est "à bout de souffle".

La réponse du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel arrive par un rapport sur l’avenir de l’audiovisuel réalisé par le CSA Lab un groupe de réflexion, composé de chercheurs, d’universitaires et d’experts du numérique et des industries culturelles. Il est le fruit d’un an de réflexion de près de quarante contributeurs et propose un exercice de prospective à horizon 2030 sur l’avenir de la TNT.

L’avenir de la TNT en trois scénarios

Trois scénarios à l’horizon 2030 ont été envisagés. Le scénario de continuité, celui d’une simple projection de l’état présent dans un nouvel environnement techno-social ; le scénario de fracture, celui des inégalités numériques et de la perte d’identité de l’audiovisuel ; le scénario de symbiose, celui de l’insertion réussie du secteur audiovisuel dans l’univers numérique.

Commençons par le plus dystopique, dans ce scénario les nouveaux acteurs, issus du monde numérique, ont balayé les acteurs traditionnels. Ils contrôlent la fourniture de contenus et une partie de la population, exclue du très haut débit fixe et mobile, n’a accès qu’à des services dégradés. Le contenu est proposé au téléspectateur par les nouveaux acteurs au travers d’algorithmes opaques sur lesquels il ne peut pas agir. 

Dans un deuxième scénario qui correspond au statu quo actuel moins catastrophique mais pas convenable pour autant, les usages évoluent vers de nouveaux modes de consommation. Les acteurs traditionnels se diversifient pour résister à la montée en puissance des nouveaux acteurs. Mais les nouveaux acteurs et les acteurs traditionnels sont toujours à la recherche d’un équilibre dans le partage de la valeur.

Enfin, le scénario dit de "symbiose", celui vers lequel le CSA souhaite aller, l’audiovisuel historique s’est entièrement fondu dans l’océan numérique. Le téléspectateur bénéficie d’un accès à tous les contenus, il peut les choisir de manière éclairée en agissant sur des algorithmes de recommandation qu’il comprend et maîtrise. Les nouveaux acteurs et les acteurs traditionnels forment ensemble un écosystème vertueux.

Les leviers pour obtenir la symbiose des deux mondes

Afin d’atteindre cet objectif l’étude met en lumière plusieurs conditions à remplir. Il faut que l’offre audiovisuelle soit diversifiée, de qualité et accessible à tous, cela induit de mener dès à présent des réflexions sur la neutralité des terminaux et la transparence des plateformes et d’obliger tous les acteurs sans exception à investir dans les contenus.

Il faut par ailleurs que l’environnement économique soit sain et équilibré entre les acteurs historiques et les nouveaux acteurs, pour cela le CSA prône un allégement des règles de la publicité qui pèsent sur le petit écran pour jouer à armes égales avec les acteurs du numérique et une harmonisation de la réglementation (obligations des chaînes en matière de production et d’exposition de programmes) afin que les acteurs étrangers y soit soumis également.