Consolidation : la police des télécoms s’ouvre à un retour à trois opérateurs

Consolidation : la police des télécoms s’ouvre à un retour à trois opérateurs

 

L’Arcep change de fusil d’épaule et n’est plus contre une fusion et un passage à trois opérateurs à l’heure où les rumeurs affluent sur un possible rachat de SFR par Bouygues Telecom. 

Et si Xavier Niel avait raison ? Lors de la présentation des résultats annuels d’Iliad en mars dernier, le fondateur de Free a déclaré que la consolidation des télécoms en France serait un sujet dès 2018. Tout porte à croire que cela sera le cas. En attendant, ce scénario refait surface chaque année, mais désormais « la porte de l’Arcep s’ouvre » à cette éventualité a confié ce matin Sébastien Soriano dans une interview accordée au Monde. A ses yeux, les opérateurs remplissent leur mission en matière d’investissement, lequel fut significatif en 2017. « L’industrie est au rendez-vous » et « la page du trou d’air est tourné » a t-il ajouté, montrant ainsi qu’il accueillerait « avec bienveillance un projet de consolidation des télécoms », résume le quotidien.

On se souvient en revanche d’un son de cloche récent et diamétralement opposé du président du régulateur lui-même sur ce sujet. Celui-ci martelant fin mars 2017 que « la consolidation n’est ni nécessaire, ni souhaitable. Une fenêtre se referme . Il y a deux acteurs forts qui investissent beaucoup : Orange va bien, SFR tend à se renforcer. La situation est un peu différente pour Bouygues Telecom et Free. Le premier est entré tardivement dans le fixe, et le second, dans le mobile. Lorsque sur un marché à quatre, deux avaient un handicap, la consolidation pouvait avoir du sens. Mais la part de marché de Bouygues Telecom a dépassé les 10% dans le fixe et Free Mobile affirme avoir atteint ses objectifs de déploiement de la 3G avec un an d’avance et poursuit ses efforts dans la 4G ». Autre argument avancé, le risque de « faire perdre du temps et d’être dangereux pour l’investissement dans la fibre». Les chiffres plus que positifs de 2017, les opérateurs ayant cassé leur tirelire (9,6 milliards d’euros), constitueraient donc une des raisons de l’ouverture de l’Arcep à un tel scénario, celui d’un retour à trois. Du côté d’Orange en tout cas, l’opérateur historique « ne sera pas en première ligne dans quelque schéma de consolidation que ce soit», a assuré son PDG Stéphane Richard en février dernier. Et d’ajouter qu’il n’y «aura pas de nouveau round de consolidation entre Orange et Bouygues. Nous sommes sur des chemins totalement opposés aujourd’hui […] Si quelque chose se produit, cela se passera entre deux autres acteurs.»