Smartphones, tablettes, assistants vocaux ne permettent qu’un accès limité à internet pour l’ARCEP qui milite pour plus d’ouverture

Smartphones, tablettes, assistants vocaux ne permettent qu’un accès limité à internet pour l’ARCEP qui milite pour plus d’ouverture

L’ARCEP publie aujourd’hui un rapport intitulé “Les terminaux, maillon faible de l’ouverture d’internet”. Ces 73 pages remises au secrétaire d’Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi ce jeudi dressent un panorama des limites d’accès à un internet ouvert posées par l’appareil et/ou le système d’exploitation utilisés et proposent des pistes d’actions à envisager pour contenir leur influence.

Le gendarme des télécoms s’occupe principalement de réguler les opérateurs mais ce rapport explique que pour garantir un accès à un internet ouvert, les derniers maillons de la chaînes, les terminaux et leurs écosystèmes, devraient l’être également. 

Comme le rappelle l’Autorité désormais l’accès à internet se fait principalement par le biais d’un smartphone. Dans une tribune publié sur le site de L’Obs, Sébastien Soriano explique qu’en “faisant le choix de notre smartphone, nous faisons donc le choix de notre entrée dans le monde numérique. Or cette entrée est loin d’être neutre et les débouchés sont tout sauf virtuels.” 

Ce rapport publié aujourd’hui vise à mettre en lumière le fait que “les terminaux n’offrent à l’utilisateur qu’un accès limité à internet”. En effet, le terminal utilise un système d’exploitation (iOS, Android principalement) qui s’appuie sur une boutique en ligne d’applications, tous ces intermédiaires entre le réseau et l’utilisateur final restreignent les possibilités et les deux principaux géants du domaine Apple et Google (mais également les constructeurs de terminaux) ont le “pouvoir de limiter la capacité des utilisateurs à accéder aux contenus et services de leur choix sur internet”. L’essor des assistants vocaux, des voitures et télévisions connectées etc. ne va faire qu’accentuer ce contrôle sur les choix possibles de l’utilisateur. 

Ainsi pour garantir un internet ouvert l’ARCEP conclut en proposant cinq grands axes d’action pour "regagner notre pouvoir de choisir" :

  1. Clarifier le champ de l’internet ouvert en posant un principe de liberté de choix des contenus et applications quel que soit le terminal
  2. Réguler " par la data ", et rendre l’information transparente et comparable pour les utilisateurs, particuliers et professionnels 
  3. Veiller à la fluidité des marchés, et la liberté de passer d’un environnement à l’autre
  4. Lever certaines restrictions imposées artificiellement par les acteurs-clefs des terminaux aux utilisateurs et aux développeurs de contenus et services 
  5. Intervenir rapidement grâce à une procédure agile permettant d’accompagner les entreprises, notamment les PME et les startups faisant face à des pratiques discutables

 

Ci-dessous, une bande dessinée réalisée pour l’occasion par l’ARCEP qui résume sa démarche :