Couverture mobile et plan THD: si les opérateurs ne sont pas capables de tenir les objectifs, l’Etat prendra ses responsabilités quitte à équiper le pays

Couverture mobile et plan THD: si les opérateurs ne sont pas capables de tenir les objectifs, l’Etat prendra ses responsabilités quitte à équiper le pays

Le secrétaire d’Etat au numérique ne plaisante plus.

Invité hier dans "Les décodeurs de l’info" sur BFM Business, Mounir Mahjoubi est revenu sur la fracture numérique dans l’hexagone et sur les objectifs donnés aux opérateurs en matière de couverture mobile à l’horizon 2020 et de très haut débit fixe en 2022. Alors que le gouvernement a rencontré tous les opérateurs au rythme "d’une fois par semaine tout l’été", le secrétaire d’Etat chargé du numérique ne leur répétera pas deux fois leur mission : "si les opérateurs ne sont pas capables de le faire, l’Etat prendra ses responsabilités. On a toujours été capable quand il était nécessaire d’équiper le pays, d’équiper pays. Les gens ne pourront pas continuer à vivre dans ces espaces s’ils ne sont pas connectés. Et ça c’est la ruine de nos territoires, la ruine de la France."

Le ton est donné une fois de plus. Ce n’est pas nouveau, les opérateurs sont dans l’obligation d’intensifier leurs investissements. Pour ce faire le président de l’ARCEP, Sébastien Soriano en septembre dernier avait appelé à une “stagnation” des redevances en échange de contrepartie en termes de couverture et d’investissements de la part des opérateurs. Il semblerait visiblement que le gouvernement ne soit pas vraiment de cet avis puisqu’il prévoit une augmentation des redevances pour les fréquences, du moins la 1800 MHz en demandant 202 millions supplémentaires. Stéphane Richard, PDG d’Orange, est d’ailleurs monté au créneau lors de son entretien au Grand Jury d’RTL ce dimanche, martelant : “On ne peut pas en même temps vouloir des milliards d’euros pour les licences et vouloir aussi que les opérateurs couvrent partout en France”. 

Pour Mounir Mahjoubi, « l’Arcep et les opérateurs discutent à savoir quelles seront les obligations de ceux-ci dans le cadre de ces attributions… nous sommes dans un marché régulé de manière indépendante, nous avons un régulateur indépendant (Arcep), le rôle du gouvernement dans le cadre de ce processus d’attribution des fréquences , c’est dire l’exigence des français et dire ce que le gouvernement fera quoiqu’il arrive.» Le secrétaire d’Etat aurait-il oublié que l’Etat encaisse à chaque fois un pactole pour l’attribution des fréquences ?