Tuto Canal + : comment dissimuler ses mauvais résultats ?

Tuto Canal + : comment dissimuler ses mauvais résultats ?

A la veille d’Halloween on aurait plutôt tendance à chercher une manière de se grimer pour avoir l’air mauvais. Mais pour Canal + dont les résultats sont de plus en plus mauvais la parade consiste à faire l’inverse : tout mettre en oeuvre pour que cela se voit le moins possible.

BFM Business a publié la marche à suivre résumée en 4 points mise en place par Canal + pour que les mauvais résultats se voient un peu moins dans les bilans trimestriels qu’ils sont obligés de publier et qui impactent forcement le cours de l’action de la société mère puisque Vivendi est coté en bourse. Cela tient en 4 points. 

Moins de détails dans les chiffres publiés

Depuis 2009 Vivendi ne publiait déjà plus le détail du nombre d’abonnés à Canal en France. Désormais et depuis 2016 Vivendi ne publie plus non plus le nombre d’abonnements à CanaPlay, ni le chiffre d’affaires des chaînes Canal en France, ni leur rentabilité explique BFM Business. De plus le groupe a supprimé les conférences de presse semestrielles pour éviter toutes questions qui fâchent.

Changer la définition de l’ARPU pour ne pas qu’il baisse

L’ARPU correspond au revenu moyen par abonnés (Average Revenue Per User), c’est un indicateur clef pour les marchés financiers or, son calcul n’est ni standardisé, ni légalement encadré ce qui permet de modifier ce qu’il intègre pour qu’il continue d’avoir un effet positif sur les marchés qui l’observent. Le groupe a donc exclu du calcul de l’ARPU les abonnements à CanalSat passant par l’intermédiaire des opérateurs ainsi que les offres à prix réduit (Canal Plus sur ordinateur) qui auraient fait baisser l’indicateur. Résultat : avec des prix qui baissent l’ARPU ainsi calculé lui augmente. 

Les deux derniers points relèvent plus de la rhétorique : pensée positive et c’est pas de notre faute

Malgré des chiffres mauvais depuis l’arrivée de Bolloré l’équipe répète inlassablement que la situation s’améliore. BFM Business a compilé une série de déclarations en ce sens, devant le sénat en 2016, lors de l’assemblée générale de Vivendi en avril 2017 ou encore dernièrement en septembre 2017. Et cela fonctionne puisque les informations sont reprises dans les médias.

Enfin, le dernier point évoqué est souvent utilisé en politique notamment : rejeter la faute sur les prédécesseurs. Ainsi en 2016 Vivendi avait mis en place une technique pour “transformer” un bénéfice en perte et donc pouvoir expliquer que la mauvaise santé de Canal Plus était imputable aux prédécesseurs.

 

source : BFM Business