Plan THD : l’UFC que choisir définit l’objectif pour 2022 chimérique et dénonce l’amplification de la fracture numérique et le risque de hausse des prix

Plan THD : l’UFC que choisir définit l’objectif pour 2022 chimérique et dénonce l’amplification de la fracture numérique et le risque de hausse des prix

Alors qu’Emmanuel Macron a récemment annoncé de nouveaux investissements pour le très haut débit, l’UFC-Que Choisir rend publique une étude révélant que le déploiement des réseaux de nouvelle génération (fibre optique, câble…), loin d’améliorer la situation des laissés-pour-compte du numérique, creuse les inégalités. Identifiant que le déploiement et les modalités d’exploitation des réseaux en fibre optique risquent de se traduire par une forte hausse des abonnements à Internet, l’UFC-Que Choisir exige des pouvoirs publics un changement de cap pour permettre à tous les consommateurs d’accéder à brève échéance à un Internet financièrement abordable et de qualité.

Fracture numérique grandissante

L’étude démontre que 11,1% (7,5 millions) des consommateurs ne sont pas éligibles à un débit théorique supérieur à 3Mbits/s dont 500 000 n’ont aucun accès à internet. C’est en privilégiant le déploiement dans les zones disposant déjà d’un ADSL de qualité que la fracture numérique se creuse. De plus les débits théoriques ne correspondent qu’à 52,4% aux débits réels constatés, l’UFC que choisir conclu à "une situation plus dégradée qu’il n’y parait".

Plan Très Haut Débit intenable et chimérique en l’état

L’objectif de 2022 à 80% de la population en fibre optique "est illusoire". L’étude montre qu’à la vitesse de déploiement actuelle le plan aura 13 ans de retard et l’objectif serait atteint en 2035. Même en augmentant les investissements l’UFC que choisir admet que l’horizon pourrait être rapporcher, mais en aucun cas la date de 2022 est tenable. L’objectif 2022 "reste toutefois chimérique".

Hausse du tarif des abonnements

La conséquence de ce retard et le fait de vouloir forcer la transition vers la fibre pour tenir les objectifs pourrait avoir un effet sur les prix d’accès. En effet, Orange étant en position de quasi monopole sur le réseau cuivre la concurrence est obligée de louer son réseau à Orange. Pour l’ADSL le tarif est de 9 euros, alors que pour le réseau fibre optique il est du double : 18 euros. Ce surcoût en terme d’accès au réseau étant mécaniquement répercuté par les opérateurs sur les consommateurs, il est a craindre une augmentation du prix des abonnements Internet.

Alors que le développement de nouveaux services (dématérialisation des procédures administratives, télémédecine…) nécessite plus que jamais un accès de qualité à Internet à un prix abordable, l’UFC-Que Choisir, compte tenu des constats désolants dressés sur la fracture numérique ainsi que des perspectives alarmantes qu’engendre l’encadrement actuel du déploiement des réseaux FttH, demande :

  • A l’Arcep de mener une analyse prospective sur l’évolution à long terme des tarifs d’accès à l’Internet fixe au regard des coûts de déploiement et d’accès aux réseaux FttH ainsi que de l’évolution du coût d’accès à la boucle locale cuivre (ADSL) ;
  • Au gouvernement, d’orienter en priorité ses financements dans les réseaux de l’Internet fixe dans les zones aujourd’hui dépourvues d’un Internet de qualité, et dans l’attente de l’analyse de l’Arcep, de ne mettre en place aucune mesure de hausse du tarif de la boucle locale en cuivre visant à inciter les consommateurs à souscrire une offre en fibre optique.

 

Source : étude UFC que choisir