UFC-Que Choisir s’insurge contre « l’acquisition à grands frais » de droits sportifs de SFR et appelle à une régulation sur l’ensemble des box

UFC-Que Choisir s’insurge contre  « l’acquisition à grands frais » de droits sportifs de SFR et appelle à une régulation sur l’ensemble des box

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour l’association de consommateurs.

Alors que SFR a raflé hier les droits exclusifs de la Ligue des Champions et de la Ligue Europa à Canal + et BeIN Sports ou encore à W9, UFC-Que Choisir s’alarme de cette course effrénée à l’acquisition de contenus sportifs dans laquelle s’est lancée SFR, l’association estime que cet appétit gargantuesque incontestable de l’opérateur de Patrick Drahi sur le marché des contenus pourrait « priver certains consommateurs d’un accès de qualité aux contenus sportifs, cette stratégie commerciale est susceptible de mettre hors-jeu la concurrence dans le secteur de l’accès à Internet ».

L’impact sur les FAI

De manière globale, la guerre des contenus déplaît fortement à UFC-Que Choisir qu’elle compare à la loi du plus fort financièrement et qu’elle estime dangereuse à terme, d’abord pour les FAI et ensuite pour les consommateurs : « Cette différentiation par les contenus, qui caractérise de plus en plus le marché, risque à court terme de gravement l’affecter. En effet, dans le cadre réglementaire actuel, l’incapacité financière des acteurs les moins puissants ou de nouveaux entrants à investir dans des contenus attractifs pour les consommateurs, pourrait aboutir à la diminution du nombre de fournisseurs d’accès à Internet, ce qui entraînerait une baisse de la concurrence susceptible de faire augmenter les prix. » 

Exclusion des consommateurs et offre OTT bas de gamme

Parmi les principales inquiétudes avancées, les nombreux consommateurs dans les zones moins denses comme dans les zones grises où « seul Orange propose des offres haut débit », qui ne pourront pas accéder aux contenus sportifs de SFR. Pose également problème, la distribution en OTT de SFR Sport dont la « spécificité du mode de diffusion de cette offre pose de sérieuses questions quant à la qualité effective des vidéos. En effet, alors que la diffusion d’un contenu par une box Internet permet une gestion optimale de la qualité de l’image, la transmission des programmes par Internet, « over the top », est susceptible de souffrir de défauts de qualité rédhibitoires. » UFC-Que Choisir pressent d’ailleurs que SFR va privilégier son offre via ses box dont les revenus sont 4 à 7 fois plus élevés au détriment de son offre OTT puisque qu’il lui faut rentabiliser des sommes colossales investies dans les droits sportifs.

Ainsi, l’association de consommateurs appelle à « la mise en place sans délai d’une régulation du marché de gros de l’accès aux chaînes sportives, pour permettre à l’ensemble des abonnés à Internet d’accéder à ces chaînes », et demande à l’Autorité de la concurrence de « procéder à une analyse actualisée des relations d’exclusivités entre activités d’opérateurs internet et activités de distribution de contenus et de services. »