La Cour des comptes s’alarme de l’influence de l’Etat sur Orange

La Cour des comptes s’alarme de l’influence de l’Etat sur Orange

 

 

Comme le rapporte La Tribune, l’institution estime que l’influence de l’Etat sur le groupe peut «constituer un handicap pour l’avenir d’Orange.»

Dans son rapport sur l’État actionnaire, la Cour des comptes n’y va pas de main morte et s’interroge sérieusement sur la position d’actionnaire référent de l’Etat français qui détient 23% du capital d’Orange. Son observation : « la volonté des pouvoirs publics de préserver leur influence peut constituer un frein au développement de l’entreprise, en particulier sur le plan international ou pour les opérations de consolidation » .

Un constat en guise de dénonciation lorsque la Cour fait ensuite écho au rachat avorté de Bouygues Télécom par Orange : « Il est loin d’être avéré que les avantages retirés par la sphère publique de sa participation l’emportent sur les inconvénients pour la stratégie de développement de l’entreprise et pour la consolidation industrielle du secteur. La réticence de l’État à voir sa participation diluée et son influence réduite peut, de ce point de vue, constituer un handicap pour l’avenir d’Orange. »

De son côté, Matignon se défend après ces critiques et manifeste son agacement : « Il est à cet égard totalement infondé de considérer que l’État serait responsable de l’échec du projet d’acquisition de Bouygues Télécom par Orange, opération d’une grande complexité car faisant intervenir de nombreux acteurs, à l’occasion de laquelle l’État a logiquement défendu les intérêts patrimoniaux liés à sa participation au capital d’Orange. »

Pour rappel, alors que Martin Bouygues devait recevoir en échange de la cession de sa filiale, 12 à 15% des actions d’Orange, Emmanuel Macron aurait fixé des exigences jugées « délirantes ». Le mariage n’a finalement pas eu lieu.

En route vers plus de privatisation ? La Cour des comptes dit oui.