Mediaset : Silvio Berlusconi prêt pour une offensive de Vivendi

Mediaset : Silvio Berlusconi prêt pour une offensive de Vivendi

Vivendi se heurte au patriotisme économique italien, comme l’indique Les Echos. Le groupe Mediaset veut conjurer la menace d’une OPA hostile de Vincent Bolloré. Et dans une locution, Silvio Berlusconi se prépare à affronter une nouvelle offensive de Vivendi. "Si tu veux la paix, prépare la guerre."

Le groupe a d’ailleurs présenté mercredi aux investisseurs internationaux à Londres le plan industriel de Fininvest, qui ira jusqu’en 2020. Il veut ainsi signaler à Vivendi qu’elle conserve le commandement, mais cependant qu’ils ont la possibilité de proposer un meilleur plan, s’ils le peuvent. 

Silvio Berlusconi souhaite constituer des "comités italiens pour Mediaset" 

Le groupe estime pouvoir passer son résultat opérationnel de 26.8 millions d’euros en 2015 à 468 millions. Silvio Berlusconi a battu le rappel des troupes, en appuyant où ça fait mal, quand il s’agit du rapport entre les deux côtés des Alpes : le nationalisme économique.

Il souhaite constituer des "comités italiens pour Mediaset" avec les actionnaires "historiques" qui, avec 51 % du capital, permettraient de préserver "l’italianité du groupe". Du côté de la presse Italienne, on pointe du doigt le "pillage" des bijoux de famille économique par les Français et un ministre rappelle que "l’Italie n’est pas un pays pour des razzias"

Et l’autorité de tutelle du secteur des communications pourrait ériger une "ligne Maginot" en cas d’OPA de Vivendi. Par ailleurs, une enquête a été ouverte le 21 décembre dernier suite à une plainte de Mediaset, qui faisait suite à la forte montée de Vivendi à son capital. 

Une offre de rachat serait perçue comme "juridiquement inacceptable"

Une offre de rachat du groupe Français serait perçue comme "juridiquement inacceptable" puisque la réglementation antitrust italienne n’autorise pas une même société à détenir une part de marché excessive à la fois sur le marché des télécommunications et sur celui de l’audiovisuel. Et ceci pourrait s’appliquer à Vivendi puisque Telecom Italia et Mediaset détiennent 44.7 % et 13.3 % de leurs marchés respectifs. 

Cependant la guerre éclair devient de moins en moins probable et une guerre d’usure serait hasardeuse. De son côté, Natixis rêve d’un scénario où Vivendi lancerait une OPA amicale sur Mediaset en s’engageant à rétrocéder à Fininvest 51 % des activités de télévision gratuite du groupe en Italie et en Espagne. Ainsi le Français aurait les activités de production et de droits audiovisuels de Mediaset, l’Italien garderait le contrôle de la télévision gratuite. Mais ceci reste hypothétique. 

Enfin, une dernière solution est évoquée. Le fait que les jeunes enfants de Silvio Berlusconi abandonnent les télévisions et la vocation industrielle du hodling Fininvest pour garder les activités financières.