Maxime Lombardini, DG de la maison mère de Free, est d’accord avec l’Arcep concernant la régulation d’Orange dans la fibre

Maxime Lombardini, DG de la maison mère de Free, est d’accord avec l’Arcep concernant la régulation d’Orange dans la fibre

L’arcep s’est prononcée il y a quelques jours pour une régulation d’Orange dans la fibre. Un non-sens pour l’opérateur en question, mais une preuve de "bon sens" pour Free. Le directeur général d’Iliad, Maxime Lombardini, s’explique auprès des Echos. Il dénonce notamment les pratiques qui empêchent la concurrence de déployer la fibre aussi vite qu’elle le souhaite. 

"Le régulateur doit se préoccuper d’avoir un marché équilibré et concurrentiel où l’investissement est dynamique" affirme-t-il. En effet, si rien n’est fait, il pourrait se créer un duopole entre Orange et SFR, ou même un monopole pour Orange. Ces mesures font donc preuve de bon sens et devraient corriger à la marge le cadre réglementaire pour que tous puissent investir et migrer leurs abonnés.

Free investit 30 % de son chiffre d’affaires dans les réseaux chaque année

Comme l’indique le DG de la maison mère de Free, "cela fait longtemps que l’on dit qu’il y a un problème". Cependant, les pouvoirs publics n’ont pas agi plus tôt car le marché a mis du temps à décoller. "Un opérateur historique qui a 75 % de part de marché sur les réseaux du futur, cela commence à faire peur". Il souligne également que les Français veulent la fibre en gardant les bienfaits de la concurrence et le choix.

Alors qu’Orange affirme que tous les opérateurs sont parties de la même page blanche, le DG de Free reconnaît dans les lignes des Echos "qu’Orange fait du bon boulot : ils savent déployer des réseaux." Cependant, il affirme que Free aussi investit 30 % de son chiffre d’affaires dans les réseaux chaque année dont une bonne partie pour la fibre. Ce qui représente, selon le DG, davantage qu’Orange en terme de proportion.

Il dénonce également d’anciennes pratiques de l’opérateur. "Entre 2006 et 2010, Orange s’est réservé l’usage quasi exclusif des fourreaux dans les zones très denses, là où ses concurrents sont les plus forts." Ce qui obligeait les autres opérateurs à creuser leurs tranchées ou passer par les égouts. Une situation plus longue et moins efficace. Mais ceci a cessé après une plainte auprès de l’Autorité de la concurrence. Cependant, Orange avait déjà couvert une zone importante et s’était fait une place dans les immeubles. 

"Le régulateur doit établir un principe très ferme de non-discrimination renforcée"

"Chez Free, nous n’avons jamais manqué d’argent pour la fibre. Seules les difficultés opérationnelles peuvent ralentir le déploiement" confie-t-il. Mais à côté, Orange se réserve un accès privilégié à de multiples informations et dispositifs spécifiques "qu’il nous refuse alors que nous sommes co-investisseurs". De plus, Orange met en oeuvre des dispositifs courts pour son compte mais impose de la lourdeur aux concurrents. Par conséquent, "le régulateur doit établir un principe très ferme de non-discrimination renforcée", afin d’avoir les mêmes procédures et l’accès aux mêmes informations que ses concurrents. Il s’agit d’ailleurs d’une proposition de l’Arcep pour le marché des entreprises. 

Quand les Echos évoquent une séparation entre le réseau et le reste du groupe, Maxime Lombardini répond qu’il faut "attendre de voir si les choses s’améliorent", mais déclare que c’est le meilleur outil pour concilier investissement, couverture et concurrence. Il finit en mettant en avant que "c’est parce qu’on investit beaucoup que les choses commencent à bouger. Et nos concurrents aussi s’intéressent davantage à la fibre depuis quelques mois. Et Free s’est aussi engagé à être client de RIP."