Les dessous de l’énorme bug technique qui a eu lieu lors du lancement de Free Mobile

Les dessous de l’énorme bug technique qui a eu lieu lors du  lancement de Free Mobile

 
Le 10 janvier 2012, Free lançait ses offres mobiles qui allaient révolutionner le marché. Les 2 forfaits, à 20€ et 2€ (15,99€ et 0€ pour les abonnés Freebox) ont rencontré un succès immédiat dés leur annonce, si bien que les Free Centers ont été pris d’assaut, ainsi que le site internet de Free Mobile. Mais voilà, pour ceux qui s’en souviennent, un gros bug technique empêchait de s’inscrire sur Internet. Le site a sauté suite aux centaines de milliers de tentatives de connexions. 
 
Aujourd’hui, et suite à une décision de justice qui vient de tomber, BFM Business rapporte ce qu’il s’est passé ce jour là. Le site d’information explique que, selon Free « l’un des développeurs a pris la liberté de modifier plusieurs lignes de code, quelques heures seulement avant la mise en ligne du site internet. Et ce alors que des tests concluant avaient été réalisés la veille du lancement de Free mobile ».
 
Rani Assaf, le directeur technique de l’opérateur, a donc convoqué sur le champ l’équipe de développeurs et deux choix leur sont laissés : soit accepter une rupture conventionnelle ou s’exposer à un licenciement pour faute grave. Si certains acceptent et partent avec une prime de licenciement, le développeur en question refuse.
 
En 4 jours, Rani Assaf reconstruit ce que les 6 ingénieurs ont mis 2 ans à bâtir
 
En attendant, il faut réparer le site d’inscription de Free Mobile au plus vite. Dans le livre « La Voie du Pirate », les journalistes Solveig Godeluck et Emmanuel Paquette expliquent que "Rani s’attelle à la tâche, seul (…) En 4 jours sans dormir et en ingurgitant des quantités astronomiques de café, il reconstruit ce que les 6 ingénieurs ont mis 2 ans à bâtir". Rapidement, tout est réglé, et le vendredi soir Free Mobile comptabilisait 2 millions d’abonnés.
 
Le développeur incriminé va ensuite être licencié et c’est dans la lettre de licenciement que Free explique que "cet acte fautif a fortement impacté l’activité et l’image de la société […] Plus de 700.000 personnes ont tenté de se connecter sur le site mardi 10 janvier mais seules 7.500 demandes d’inscription ont pu être saisies (soit moins de 1%) et les données enregistrées se sont avérées inexploitables". Et l’opérateur de préciser qu’il a dû "monopoliser d’autres services pour la mise en place d’un logiciel de substitution"
 
Le développeur porte l’affaire devant les prud’hommes et donne sa version des faits : "C’est un défaut de configuration matérielle des serveurs informatiques qui a eu pour conséquence qu’ils n’ont fonctionné qu’à hauteur de 5%, ce qui a occasionné un embouteillage pour les usagers". Il estime que son équipe a été victime d’une "punition collective" et lui-même d’un "licenciement vexatoire"
 
Mais c’est à Free d’apporter des preuves et il ne peut produire que des articles de presse relatant ce problème technique concernant le cafouillage du site de Free Mobile. En septembre 2013 Free est donc condamné par le Conseil des prud’hommes à payer 30.000 euros au développeur. Cette décision a été confirmée par la Cour d’Appel de Montpellier il y a quelques semaines. Le développeur touchera ainsi « 27000 euros d’indemnités, dont 13.000 euros de dommages et intérêts pour licenciement ‘sans cause réelle et sérieuse’ » rapporte BFM Business. Une décision de justice que Free n’a pas souhaité commenter.