Les smartphones agacent de plus en plus d’artistes. Faut-il les interdire en concert ?

Les smartphones agacent de plus en plus d’artistes. Faut-il les interdire en concert ?

Les smartphones sont de plus en plus présents dans les concerts. Certains spectateurs y voient une possibilité de garder des souvenirs quand d’autres y voient une vraie nuisance. Avec le développement de Facebook, Twitter Instagram et autres qui permettent de filmer et diffuser en direct, beaucoup de salles de concert sont transformées en champs d’écrans lumineux et cela peut agacer beaucoup d’artistes.

Un exemple récent est la chanteuse new-yorkaise Alicia Keys qui vient d’annoncer qu’elle interdirait les smartphones lors de sa prochaine tournée. Chaque personne recevra à l’entrée un étui plastique qui rendra le téléphone inaccessible grâce à un système de verrouillage à distance. Prince et Björk avaient aussi déjà réclamé que leurs concerts parisiens soient sans smartphone.

Le patron du Zénith de Paris indique qu’un artiste international sur deux le demande. Cela reste un sujet difficile à maitriser car il est illégal de mettre des téléphones en consigne, la seule solution est d’avoir des agents de securité qui font la chasse aux utilisateurs, mais dans une salle remplie de plusieurs milliers de personnes, difficile de traquer le moindre mobile.

Le chanteur français , Axel Bauer, lui, est plus partagé : « D’un côté, ça fait plaisir aux spectateurs et ça fait parler de nous. Mais de l’autre, c’est gênant car ça nuit à l’échange d’énergie entre un artiste et son public. Quand on filme, on ne danse pas ». 

Le Prodiss, le syndicat national des producteurs, avait fait une étude en 2014 qui démontrait que 83 millions de vidéos sur Youtube étaient des vidéos d’amateurs de concerts. « Il serait ingérable d’interdire le portable. La proposition d’Alicia Keys me paraît impossible à mettre en pla-ce. A Bercy, comment va-t-elle faire distribuer le sachet à 15 000 spectateurs et combien de temps cela prendra ? L’idéal, c’est la pédagogie ».souligne Pierre-Marie Bouvery, avocat du Prodiss.

Source : Le Parisien