Politis publie un dossier à charge contre “le système Free”. La CFDT de Free estime cette “enquête bâclée par des journalistes en manque de notoriété “

Politis publie un dossier à charge contre “le système Free”. La CFDT de Free estime cette “enquête bâclée par des journalistes en manque de notoriété “

Cette semaine, Politis a publié un dossier à charge sur Free. Intitulé « le système Free », il rapporte ce qui serait les méthodes de gestion salariale de l’entreprise télécom.

Le journal rapporte l’existence du plan Marco Polo, lancé en interne dès 2010. Il aurait été mis en place par la direction afin de fermer un centre d’appel à Marseille (qui est toujours ouvert à ce jour), acquis par Free après le rachat d’Alice en 2008. Selon Politis le but était d’éviter un plan de licenciement, qui, en plus d’être coûteux, aurait attisé la colère des syndicats marseillais. En plus du témoignage de Giorgio Mariani, ancien cadre RH du site marseillais, les journalistes ont mis la main sur un tableau faisant l’analyse comptable du coût d’un plan social contre celui des indemnités prud’homales. Pour arriver à ses fins, l’entreprise se serait adonnée au fichage de 45 de ses employés Cette liste était organisée « en six catégories correspondant à la méthode employée pour les faire disparaître : clause mobilité, dossier à construire pour fautes, à négocier départ ».

L’objectif aurait été de ne pas inquiéter l’Inspection du travail par un grand nombre de ruptures conventionnelles. Ainsi, des arrangements à l’amiable entre DRH et salariés ont été mis en place. Ceux-ci s’engageaient à quitter volontairement leur fonction contre une somme d’argent conséquente. A défaut, des stratégies de harcèlement étaient mises en place : « détérioration des conditions de travail », « jeu sur la mobilité » ou encore placardisassions. Ce jusqu’à que les employés craquent, claquent la porte ou commettent une faute justifiant leur révocation.

Dans les centres d’appels règnerait la terreur 

Le dossier s’attarde aussi sur les conditions de travail dans les centres d’appels, qui seraient déplorables selon le journal et les témoignages reçu par ce dernier, princiaplement des personnes syndiquées chez Sud. Ainsi un opérateur de service après-vente effectuerait en moyenne 60 appels par jours. Un ordinateur occuperait le rôle du contremaître en gérant des plateaux de 100 à 150 employés : « Un logiciel décroche automatiquement les appels après 7 ou 9 secondes d’inactivité et gère également les demandes de pause des salariés », y compris les « pauses pipi ». Un véritable « règne de la terreur » selon un cadre qui a gardé l’anonymat. 

Politis conclut son dossier en informant avoir contacté Iliad à plusieurs reprises. Ce dernier « conteste fermement les propos et les faits » rapportés et brandit la menace d’une action en justice.

La CFDT, le syndicat majoritaire chez Free s’indigne

Univers Freebox a contacté le délégué syndical de la CFDT de Centrapel, le plus gros Centre de contact avec près de 800 salariés, où la CFDT a capté 50% des voix aux dernières élections, il n’a pas souhaité se prononcer, mais il nous a indiqué : 

"Nous ne souhaitons pas réagir à une enquête bâclée par des journalistes en manque de notoriété avec la complicité des cadres du groupe licenciés depuis plusieurs années, aidés par un syndicat en perte de vitesse et de crédibilité. Il s’agit simplement d’un règlement de compte, notre priorité ce sont les salariés, nous faisons tout notre possible pour que tout se passe bien, et nous sommes plutôt satisfaits du résultat. Celui qui a le moindre doute, nous l’invitons à venir et à le constater par lui même"