A long terme, les abonnés SFR pourront-ils continuer à s’informer avec les médias qui n’appartiennent pas à SFR Presse ?

A long terme, les abonnés SFR pourront-ils continuer à s’informer avec les médias qui n’appartiennent pas à SFR Presse ?

C’est par l’intermédiaire d’un SMS que les abonnés SFR ont appris la bonne nouvelle : ils ont désormais accès, sur leur mobile, au journal Libération, l’Express, l’Expansion et bien d’autres de façon gratuite et illimité. Bien que tous ces titres n’aient pas la même ligne éditoriale, ils partagent tous le même propriétaire : Patrick Drahi, également patron de SFR Numéricable.

Aujourd’hui, le rapport s’est inversé. Il y a quelques mois en cas d’abonnement à un titre, celui-ci pouvait vous offrir une tablette, aujourd’hui, on offre des journaux pour vendre des abonnements mobiles. Il faut dire que depuis quelques années, tous les opérateurs sont aussi propriétaires de médias via leur patrons : Free par l’intermédiaire de Xavier Niel (Le Monde, l’Obs…), Bouygues Télécom avec TF1 et Metronews. Ils possèdent à la fois les tuyaux et le contenu qui peut y transiter.

Chacun met en avant ses propres productions. Par exemple, chez Bouygues, le service BBox VOD est tellement mis en avant que les abonnés Bouygues ne s’aventurent pas énormément sur les services concurrents. Et sur la Bbox, les films produits par TF1 sont mis en avant. Ralentir le débit sur certains services est une solution déjà utilisée mais d’autres existent : faire payer la bande passante, refuser de valider une application mobile. Et comme les plus grands journaux sont rachetés par les opérateurs, qui pourra les empêcher demain de forcer leurs abonnés à ne s’informer que grâce aux médias qu’ils possèdent ?

Sans cadre juridique solide, l’opérateur a pleinement les moyens de contrôler ce que ses clients consultent et de favoriser ses services tout en discriminant les autres. Et plus les opérateurs rachètent les médias, plus il y a de quoi s’inquiéter pour la liberté d’accès à l’information. Pour la quadrature du net, le cadre juruique est trop flou et ambigu et permet "de mettre en œuvre les trafics privilégiés payants, le zero-rating (ndlr. Pratique de certains FAI consistant à proposer, en général dans le cadre d’offres de téléphonie mobile, un accès gratuit à certains sites ou certaines applications spécifiques, comme SFR Presse)". Un cadre qui devrait être encadré prochainement puisque l’ARCEP travaille sur le sujet.

Source : L’humanité