Patrick Drahi pense que la France est comme SFR, et que les français devraient travailler plus

Patrick Drahi pense que la France est comme SFR, et que les français devraient travailler plus

Présent à l’inauguration mardi d’un centre dédié à l’entrepreneuriat à Polytechnique financé par ses soins, Patrick Drahi a expliqué sa vision du monde des affaires.

"Parti de rien" comme il le rappelle, il est à la tête d’Altice un groupe de 38 000 personnes. Sa recette : s’endetter pour racheter ses proies. Et c’est ce modèle qu’il est venu présenter à ses élèves. Il est persuadé que ce modèle-ci permettait à la France de sortir de la crise : "Si vous êtes un entrepreneur et que vous avez besoin de lever 10 millions d’euros, car vous n’êtes pas fils de riche, vous partez de zéro. Cet argent, vous allez le lever auprès d’un investisseur qui va prendre une part de votre capital. Si vous faites ça quatre ou cinq fois, il ne va plus rien vous rester".

Concernant la peur de ne pas pouvoir rembourser, Patrick Drahi balaye ces perspectives d’un revers de main. Il compare la situation à l’achat de sa première maison : "J’avais 27 ans et pas un franc. Je l’ai achetée 100% à crédit. Mes copains me disaient :’Mais t’es fou ou quoi ?’ Moi j’ai dit que de toute façon, j’ai pas pris beaucoup de risque, c’est la banque qui a tout prêté. Et puis quel est mon risque si dans 4 ou 5 ans je ne peux plus rembourser mon crédit ? Bah la banque, elle va reprendre la maison. Mais ça, c’est matériel, c’est pas important. C’est comme l’argent, c’est pas important. Ce qui est important, c’est qu’elle va jamais me prendre les 5 ans de bonheur que j’aurai passé avec ma famille dans cette maison".

Patrick Drahi n’hésite pas à comparer SFR et la France quand on lui parle de crise et de chômage. Il avait qualifié en 2014 SFR de "fille à papa qui dépensait sans compter" : "Mais c’est un petit peu comme SFR : on n’a pas de problèmes fondamentaux, mais des problèmes momentanés. Nous, en tant que Français, que collaborateurs, que citoyens, eh bien je pense qu’il faut accepter de travailler un petit peu plus. Parce que dans les pays voisins, on travaille plus. Il faut aussi accepter d’avoir un peu moins de vacances..."

Source : La Tribune