L’échec du mariage Orange-Bouygues Télécom, ou la crainte d’un scandale d’Etat

L’échec du mariage Orange-Bouygues Télécom, ou la crainte d’un scandale d’Etat

 
Ce matin, dans les colonnes du Figaro, Martin Bouygues accusait à demi-mot Xavier Niel d’avoir fait capoter le projet de rachat de sa filiale télécom. Mais selon la presse, les raisons sont plus compliquées que cela.
 
Ainsi que le rapporte Le Monde cet échec est également du au désaccord entre Martin Bouygues et Emmanuel Macron. Tout s’est décidé le jeudi 24 mars à 17h, lors de la réunion entre Martin Bouygues et le ministre de l’économie. « Le patron du groupe de BTP devra renoncer pendant dix ans à ses droits de vote double et signer une clause de « standstill » (blocage) de sept ans, qui l’empêchera de se renforcer au capital d’Orange. Inacceptable pour un actionnaire minoritaire  ! » explique Le Monde. « Dès lors, le patron du groupe de BTP semble avoir choisi de refermer le dossier » rapporte Challenges
 
Dans les jours qui ont suivis, Matignon et l’Elysée, qui étaient pour cette fusion, sont intervenus afin qu’Emmanuel Macron mette un peu d’eau dans son vin. Mais malgré cela, Martin Bouygues ne « fera plus machine arrière ».

La crainte d’un scandale d’Etat
 
Comme cela avait déjà été rapporté dan s al presse, si Bercy a été aussi interventionniste, c’est que l’Etat est l’actionnaire majoritaire d’Orange. Et « Martin Vial, Nicolas Dufourcq, le patron de BpiFrance, actionnaire d’Orange au côté de l’APE avec 9 % du capital, et Alexis Kolher considèrent que faire entrer Martin Bouygues chez Orange revient à lui faire un « cadeau ». A un an de la présidentielle, Emmanuel Macron n’a pas envie de risquer le scandale d’Etat. » rapporte Le Monde
 
Ainsi que le rapporte un des négociateurs cité par Le Monde Martin Bouygues « est entré dans cette opération en pensant qu’il allait racheter Orange. Cela a rendu les discussions pénibles. Dès le départ, ses conseils ont été très durs »
 
Un autre négociateur cité par Challenges assure pour sa part que les discussions étaient dures et tendues mais elles auraient finalement abouti sans l’intervention musclée d’Emmanuel Macron et de son entourage.