Les obstacles au rachat de Bouygues Télécom par Orange pourraient amener l’État à s’impliquer davantage

Les obstacles au rachat de Bouygues Télécom par Orange pourraient amener l’État à s’impliquer davantage
 
 
Après l’annonce officielle de discussions entre Orange et Bouygues Télécom afin que ce dernier soit racheté par le groupe de Stéphane Richard, certains observateurs restent néanmoins prudents quant à l’avenir de ce rapprochement.
« Si ce n’est pas Orange, Altice reviendra à la charge et pourrait cette fois récupérer l’opérateur, avec les conséquences sociales que cela implique, ce que l’État tente d’empêcher », prévient un spécialiste du secteur des télécoms, interrogé par l’AFP.
 
Orange absorberait son concurrent en limitant les conséquences sociales tout en se délestant de ce qui pourrait contrarier les Autorités de la concurrence, mais accueillerait l’actionnaire Bouygues. Cela avantagerait Martin Bouygues qui pourrait protéger ses employés tout en gardant une influence dans les télécoms. Un cadre dirigeant d’Orange avoue d’ailleurs que le groupe « Bouygues n’est pas assez solide pour continuer tout seul, mais ne veut aller ni avec Xavier Niel, ni avec Patrick Drahi et est donc plutôt favorable aux négociations en cours avec Orange »
 
Stéphane Dubreuil, consultant spécialiste des télécoms, estime que le gouvernement est favorable à un accord Orange/Bouygues et même qu’il « tente de tordre le bras de l’Autorité de la concurrence, mais c’est loin d’être gagné. Il devra ensuite sûrement monter à Bruxelles et les compensations demandées risquent d’être énormes »
Alors que la consolidation de sa position est un des objectifs d’Orange avec ce rachat potentiel, Bruxelles pourrait bien être le principal rempart au rapprochement entre les deux opérateurs : « Cela ne s’est jamais produit en Europe pour l’instant, de voir le numéro un sur un marché national racheter le numéro trois. C’est le choix le plus complexe, mais le plus acceptable d’un point de vue social, ce qui dénote bien une volonté politique » assure Stéphane Dubreuil.
 
Néanmoins, Gyldas de Muizon, du cabinet de conseil Microeconomix, a un autre avis sur le sujet : « On constate que depuis l’arrivée de Free, qui est le principal levier de concurrence, Bouygues Télécom a mieux résisté que les autres. Un Free renforcé, avec un réseau plus étendu par exemple pourrait maintenir la dynamique actuelle, une telle opération ne remet donc pas forcément en cause la situation de concurrence en France ».