Orange veut étendre sa toile en Europe. Télécom Italia dans le viseur ?

Orange veut étendre sa toile en Europe. Télécom Italia dans le viseur ?

La consolidation des télécoms en Europe continue son bout de chemin et tous les regards sont braqués vers l’Italie où le secteur des télécoms se prépare progressivement à une mutation. C’est dans ce contexte qu’Orange veut étendre sa toile. 

« La direction financière et stratégie d’Orange travaille avec des banques pour affiner sa vision de l’évolution des télécoms dans le contexte de la construction du marché unique à horizon 5 à 10 ans », a déclaré un porte-parole du groupe Orange à Reuters. Les banques BNP Paribas et Morgan Stanley ont été mandatés par l’opérateur, même si « aucune cible n’est précisée aujourd’hui ni aucune discussion ouverte avec Telecom Italia ».

Après l’absorption de SFR par Numéricable, Stéphane Richard, le patron d’Orange, annonçait que seuls 4 ou 5 opérateurs pourraient se partager le marché Européen, dans quelques années. Cela passera-t-il par l’engloutissement de Télécom Italia ? Peut être. Toutefois, le numéro 1 d’Orange n’est pas seul sur le coup puisque Vivendi et son PDG Vincent Bolloré et Xavier Niel via son Holding personnel, lorgnent déjà sur l’opérateur italien. 

En effet, Vincent Bolloré d’abord, puis Xavier Niel ont montré leur intérêt pour Télécom Italia. Les deux investisseurs, qui détenaient respectivement une participation de 20% et 15% dans Télécom Italia, œuvrent pour influer sur l’opérateur italien. Toutefois, il y a quelques joursMarco Patuano, l’administrateur délégué de Télécom Italia, a annoncé que Vivendi aura autour de 13,7% du capital de Telecom Italia et Xavier Niel détiendrait 10,0% à 10,2% après conversion des actions d’épargne. Autrement dit, il sera plus compliqué pour le fondateur de Free et pour Vivendi de prendre le contrôle de l’opérateur italien.

Mais qu’est ce qui les intéresse tant ?

Il faut rappeler que Télécom Italia est une grosse proie puisqu’il est valorisé prés de 18 milliards d’euros. Il est surtout une cible de choix dans les Télécoms puisqu’il s’agit de l’ancien opérateur historique italien qui a hérité du réseau fixe. Il est notamment le N°1 du mobile dans le pays. Le groupe possède également TIM, le deuxième opérateur brésilien qui dispose de 74,6 millions de clients !.

Télécom Italia a toutefois réaffirmé ce lundi que « le groupe n’avait eu aucun contact avec des opérateurs télécoms, y compris Orange, au sujet d’une consolidation européenne », même si dans le pays, la question de la consolidation dans le secteur est sur le tapis.

L’Allemagne et l’Irlande ayant déjà l’année passé pris ce virage, la question de la France reste toujours en suspend. Si Bouygues Télécom reste la cible privilégiée des analystes, officiellement, ce dernier ne souhaite pas vendre. De son côté, Free prétend qu’aucune consolidation ne se fera sans lui pour des questions concurrentielles. Il a déjà repoussé les avances de SFR sur le dossier.

Quant à Orange, cela fait maintenant plusieurs mois/années qu’il plaide pour un retour à trois opérateurs dans l’hexagone. Plaidant pour la consolidation du secteur des télécoms en France, son patron expliquait que la taille du marché français s’orientait « plutôt pour un marché à trois, compte tenu des investissements qu’il faut faire, de la convergence fixe-mobile, mais ça prendra peut-être un certain temps à se mettre en place ». 

Il mettait notamment en comparaison « des marchés infiniment plus importants que les plus grands pays européens », où « il y a beaucoup moins d’opérateurs ». 3 en Chine, 3 au Japon, 4 aux Etats Unis. Pour le PDG d’Orange, « cette logique de consolidation est à l’oeuvre partout (…) on se demande pourquoi la France serait une exception ».

Stéphane Richard n’a pas encore appris « la leçon »

Une idée qui n’abonde pas vraiment dans le sens de l’ARCEP. Son président, Sébastien Soriano, déclarait récemment devant la commission économique de l’Assemblée Nationale, qu’il fallait retenir « une leçon » après les enchères de la bande 700MHz : « la présence et l’engagement de 4 opérateurs sur le marché français ». De même, dans tous les cas, pour qu’il y ait consolidation, il faudrait qu’un des acteurs soit en vente, ce qui ne semble pas le cas (du moins officiellement).

En somme, l’année 2016 n’est pas encore entamée, qu’elle s’annonce déjà comme une année pleine de rebondissements dans les télcos italiens et français.