Belgique : des “taupes” chez les opérateurs télécoms pour la Sureté de l’Etat

A l’heure où les services français de renseignement se félicitent d’avoir déjoué un attentat, en plein débat sur le Projet de Loi sur le Renseignement, lequel voudrait installer des "boîtes noires" chez les opérateurs français, nos voisins belges font état de "taupes" chez les opérateurs télécoms.
 
Ainsi, le journal l’Echo révèle que la Sûreté de l’Etat utiliserait des informateurs au sein des opérateurs télécoms qui transgresseraient régulièrement leur devoir de confidentialité pour fournir secrètement aux services de renseignement belges des numéros de téléphone, des données des appelants…
 
Un ancien collaborateur de la Sûreté de l’Etat annonce que cela dure "depuis plus de 10 ans".
 
Un autre inspecteur expérimenté révèle également disposer "de deux informateurs dans la plus importante société de télécoms du pays (Proximus). […] Aucun inspecteur ne peut leur garantir qu’ils conserveront leur emplois si leurs activités clandestines sont découvertes."
 
Pour un inspecteur de la sûreté ce sont "de vrais patriotes, vous seriez étonné de savoir combien souhaitent travailler pour nous par pur patriotisme."
 
Pour le Comité, l’organe de contrôle belge de la sûreté de l’Etat a affirmé que "ces demandes d’informations" qui "contournent des procédures légales, ne resteraient pas sans conséquences".
 
En France, Bernard Cazeneuve avait défendu le Projet de Loi sur le Renseignement, estimant qu’il ne s’agissait pas d’un projet de surveillance de masse mais qu’au contraire au lieu d’être "une loi de surveillance généralisée", il s’agissait plutôt d’une "loi de contrôle du renseignement." On peut ainsi comprendre qu’il n’est pas exclu que certains de ces abus des services de renseignements belges soient également monnaie courante en France. Le projet de loi aurait néanmoins pour finalité de coder et légaliser ce genre de pratiques.
 
Le premier ministre français, Manuel Valls dément toute corrélation entre la communication autour de l’attentat avorté et le projet de loi sur le renseignement, actuellement en débat dans les assemblées.
 
Source : L’Echo