Projet de loi sur le renseignement : OVH et 6 autres hébergeurs menacent de quitter la France

Projet de loi sur le renseignement : OVH et 6 autres hébergeurs menacent de quitter la France
 
Les acteurs se mobilisent contre ce projet de loi sur le renseignement qui permet entre autre de pouvoir réaliser des écoutes et interceptions de données sans passer par un juge.
 
Dans un communiqué commun et porté par OVH, 7 hébergeurs menacent de quitter le territoire français si ce projet de loi en procédure accéléré était voté.
 
S’ils veulent faire pencher la balance, ils se gaussent de 30% de croissance annuelle, de création de milliers d’emplois directs et indirects et de centaines de millions d’euros d’investissement par an en France. Des données non négligeables dans une économie française des plus moroses.
 
Au coeur de leur révolte, la crainte de perdre des milliers de clients. En effet si ces hébergeurs sont convaincus qu’il " faut doter la France des moyens de renseignement nécessaires pour lutter contre le terrorisme", ils estiment que le projet de loi ainsi présenté est "non seulement liberticide, mais également anti-économique, et pour l’essentiel, inefficace par rapport à son objectif."
 
Ils contestent notamment le projet d’imposer "aux hébergeurs français d’accepter une captation en temps réel des données de connexion et la mise en place de « boîtes noires » aux contours flous dans leurs infrastructures."
 
Pour eux, "obliger la mise en place de boîtes noires et permettre la captation de données directement sur le réseau des opérateurs français est la porte ouverte à un risque de nombreuses dérives, qui feraient entrer la France dans une surveillance de masse telle que nous ne l’avons jamais connue."
 
Ils annoncent également un nombre important de clients étrangers (30 à 40 % du chiffre d’affaires) qui "viennent se faire héberger en France […] parce qu’il n’y a pas de Patriot Act en France." Ils estiment qu’il leur faudra "entre 10 minutes et quelques jours pour quitter leur hébergeur français." La conséquence directe de cette menace est que les hébergeurs devront "déménager nos infrastructures, nos investissements et nos salariés là où nos clients voudront travailler avec nous."
 
A fortiori, ils estiment que dans ce dispositif de surveillance de masse, "l’efficacité de ce dispositif de « boîtes noires » nous semble plus que douteuse car il concerne moins de 5 000 personnes en France. Une organisation terroriste bien structurée saura échapper à ces mesures. Un « loup solitaire » sera noyé dans la masse des informations colossales et donc difficilement détectable."
 
Pour eux, la France se lance dans "une pêche au chalut", alors que c’est de "harpons dont ils ont besoin".