Résistance téléphonique en faveur des cabines

Alors que le sujet fait débat dans les hautes sphères, qu’Orange prévoit de supprimer rien que 2390 cabines à Paris d’ici 3 ans et 25 000 sur le reste du territoire métropolitain pour la seule année 2015, certains organisent la résistance.

Même Axelle Lemaire estimait il y a quelques temps que les cabines téléphoniques "ont vécu". L’ARCEP de son côté, s’en retrouvait plus souple avec Orange, concernant sa prestation de service universelle dans le domaine, estimant que l’utilité de ces cabines n’était encore présente que dans les zones blanches. 175 communes seraient concernées par ce manque de couverture des réseaux mobiles.
 
Pourtant, le retrait de ces cabines téléphoniques ne se fait pas aussi facilement qu’on aurait pu l’imaginer. A Brissac dans l’Hérault, la résistance s’est même organisée pour sauvegarder leurs 3 cabines téléphoniques dans leur habitat naturel. Ces dernières n’ont jamais été aussi fréquentées, les habitants se relayant pour vérifier si la tonalité est réapparue. En effet, les cabines téléphoniques de Brissac sont sous le coup d’un avis d’expulsion. Ces dernières font partie des nombreuses cabines qui ne seront pas retenues pour la saison 2016.
 
Elles bénéficient néanmoins du soutien de la municipalité qui a décidé d’engager un bras de fer avec l’opérateur historique. Le maire estime ainsi qu’il est "hors de question" de les supprimer :"ces cabines ont une véritable utilité, notamment en cas d’orage cévénol quand les réseaux tombent en panne. Sans elles, on ne peut plus appeler." Pour Jean-Claude Rodriguez, ces dernières sont le dernier filet de sécurité et de communication vers l’extérieur, "les téléphones portables ne passent pas très bien dans le secteur."
 
Pour empêcher leur retrait, le maire use de tout son pouvoir, jusqu’à interdire tous travaux dans le périmètre du village où ces dernières se situent, empêchant ainsi Orange de procéder à leur enlèvement.
 
L’opérateur n’a eu d’autre choix que de contester l’arrêté municipal devant le tribunal administratif de Montpellier. Pour Salomon Botton, "Orange ne fait qu’appliquer un décret qui fixe le niveau du service universel en matière de téléphonie publique. L’Etat souhaite démanteler les cabines téléphoniques qui ne sont plus utilisées pour renforcer la couverture en téléphone portable."
 
Le délégué régional s’appuie ainsi sur les données des cabines téléphoniques du village pour justifier leur enlèvement : " à Brissac, les cabines sont utilisées à peine deux minutes par mois."