Décret de censure du net : les premiers sites commencent à tomber

Publié par le ministre de l’Intérieur début février, le décret de censure du net a été appliqué pour la première fois le week-end dernier. Pour rappel, ce décret permet à l’OCLCTIC de demander le blocage d’un site internet sous 24 heures, si ce dernier fait apologie du terrorisme ou de la pédophilie. Toute l’opération se passe de juge ou de tribunal, et seul un membre désigné par la CNIL peut émettre une réserve.

Le site « islamic-news.info » est donc bloqué depuis quelques jours. David Thomson de RFI l’a indiqué sur Twitter, le site porte maintenant le logo du ministère de l’Intérieur, accompagné d’un petit texte : « Vous avez été redirigé vers ce site officiel, car votre ordinateur allait se connecter à une page dont le contenu provoque à des actes de terrorisme ou fait publiquement l’apologie du terrorisme ». Actuellement le lien vers le site semble pourtant carrément inactif.

C’est par la suite, hier lundi, que Bernard Cazeneuve a indiqué que 5 sites faisaient l’apologie du terrorisme, et 5 autres à caractère pédopornographique avaient été désactivés. Il s’agirait d’une manière de tester le dispositif, car le blocage de ces sites n’était pas de nature à interférer une enquête en cours, rapporte Libération. Ces derniers « n’ayant pas d’hébergeur ou d’éditeur identifié », c’est aux FAI de rediriger les visiteurs vers une page du ministère.

Concernant « islamic-news.info », celui-ci était en réalité hébergé par OVH. Octave Klaba, son fondateur, s’est étonné sur Twitter qu’aucune demande ne lui eut été adressée, ni à son entreprise. À l’heure actuelle, le site est toujours référencé sur Google malgré le second décret autorisant la suppression des liens des moteurs de recherche.