Sebastien Soriano, président de l’ARCEP : “on ne demande pas à un arbitre de foot de commenter le jeu sur le terrain”

Sebastien Soriano,  président de l’ARCEP : “on ne demande pas à un arbitre de foot de commenter le jeu sur le terrain”

Fraîchement nommé pour un mandat de 6 ans, Sebastien Soriano présentera officiellement ce soir, ses voeux en temps que nouveau président de l’ARCEP. c’est la première fois que le nouveau président de l’ARCEP s’exprimera officiellement. 

En attendant cette cérémonie, c’est aux questions de nos confrères des Echos, que Sebastien Soriano nouveau chef de file du régulateur des télécoms, répond. 
 
Concernant une possible consolidation du secteur des télécoms et notamment le retour à trois opérateurs mobiles, Sebastien Soriano se refuse à prendre position :
 
"On ne demande pas à un arbitre de foot de commenter le jeu sur le terrain. Notre job, à l’ARCEP, c’est de faire fonctionner le marché tel qu’il est, en créant les bonnes incitations. Il est pour cela nécessaire que le régulateur ait une vision panoramique du fonctionnement du secteur." 
 
Pour le président de l’ARCEP, "il faut arrêter d’opposer la concurrence au souci, légitime, de la bonne santé des opérateurs. La régulation est une politique de l’offre. Elle doit être bonne pour les acteurs du secteur comme pour les consommateurs. La France a besoin d’un secteur des télécoms compétitif, d’opérateurs qui déploient des réseaux sur tout le territoire le plus loin possible, et à des prix acceptables."
 
Une de ses missions annoncées "lever certains malentendus pour se projeter vers une nouvelle dynamique, de nouveaux enjeux, ce nouvel horizon de 2020."
 
Parmi les autres chantiers qui attendent le président de l’ARCEP et son équipe, "on trouve bien sûr des questions comme l’itinérance, la mutualisation des réseaux ou encore l’accès aux points hauts mobiles."
 
Si Sébastien Soriano semble très attaché aux questions de compétitivité, il n’oublie pas que le grand chantier du très haut débit pour tous d’ici 2022 est lancé et que les opérateurs ont besoin d’une marge de manoeuvre pour contribuer au plan France Très Haut Débit porté par le gouvernement : "ces infrastructures télécoms sont essentielles au fonctionnement de l’économie et de la société numérique. Il faut, à ce titre, reconnaître les attentes de l’ensemble des citoyens, des territoires et de leurs élus. […] Ce n’est pas une charge anodine qui pèse sur les épaules des opérateurs : on attend d’eux qu’ils offrent le numérique pour tous, et, à ce titre, on peut être dans une certaine empathie avec eux."